Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Quelle ménagerie!

Les buffles, le loup, le renard et les lièvres. Lundi soir dernier, les élus de Bécancour ont voté deux résolutions basées sur un document intitulé «Gaz de schiste».
La première lecture rapide donne un aperçu simple et convivial de la situation, mais une lecture plus attentive déstabilise le lecteur. On y décrit l'incapacité de l'élu municipal de prendre des décisions éclairées alors que, je cite: «les débats ressemblent à un dialogue de sourds» et à «un combat de buffles musqués».
S'ensuit une énumération (assez simpliste) des pour et des contre pour conclure par la position des élus de la MRC sur «le pétrole québécois».Puisque ce document fait référence pour les résolutions votées à l'unanimité par le conseil municipal, peut-on s'interroger sur ses auteurs, sa qualité et sa pertinence?
Je crains de comprendre que les élus désirent se défiler de toute prise de position et surtout de ne pas tenir compte de la majorité de leurs citoyens qui refusent cette industrie à Bécancour et dans la vallée du Saint-Laurent. Est-ce utile de diaboliser et mépriser des opposants qui agissent pacifiquement à visage découvert? Ne devrait-on pas s'inquiéter plutôt de cette partie de phrase: «Les représentants des pétrolières mènent le combat derrière le rideau, auprès des décideurs...» Est-ce que nos décideurs subiraient des pressions discrètes de l'industrie? L'écrire dans un document officiel, ne serait-ce pas déjà l'admettre?
Est-ce que notre maire, Jean-Guy Dubois, qui s'est qualifié lui-même de rusé, aurait trouvé une façon de se débarrasser de la patate chaude vers le palier politique provincial qui a vendu notre sous-sol pour des pinottes sans nous le demander? Chercherait-il à noyer le poisson? Acquiescerait-il à une commande venue d'en haut?
Les citoyens de Bécancour (les petits lièvres qui s'agitent et ceux qui «dorment au gaz») sont en droit de se poser des questions et d'obtenir des réponses sur la direction choisie par leur conseil municipal.
Il me semble indispensable de citer l'étonnante conclusion du document sous le titre Notre position: «Dans l'éventualité où le gouvernement du Québec décidait d'aller de l'avant en créant un organisme d'État avec mandat de proposer une politique globale en matière d'approvisionnement énergétique et conséquemment, en regard de l'exploitation du pétrole québécois, nous, élus de la MRC Bécancour, serons disposés à envisager des projets sur notre territoire».
Une fois la porte à l'industrie bien ouverte, les élus ne sont pas gênés de conclure: «Nous serons disposés à mener une consultation sérieuse en ce sens auprès de nos citoyens».
Merveilleux! Avec l'accord du renard, la porte du clapier s'ouvre au loup, mais gentiment il prévoit me demander comment je veux être mangé.
Un des lièvres qui soupçonne quelques pièges et collets,
Gérard Rousseau
Bécancour