Les récentes révélations de l'émission Enquête sur l'enrichissement des médecins, notamment grâce aux frais accessoires, donnent à penser qu'une véritable mafia s'est installée dans le réseau de la santé.

Québec infiltré par un cheval de Troie?

À la suite du reportage de l'émission Enquête portant sur l'Institut de l'oeil des Laurentides la semaine dernière, je désirerais apporter quelques commentaires.
De prime abord, je trouve inconcevable que ce soit toujours les journalistes qui soulèvent les horreurs dans l'administration publique du Québec; on découvre une vraie mafia étatisée! 
Je soupçonne les médecins spécialistes d'avoir introduit un cheval de Troie dans l'appareil gouvernemental; en infiltrant leur ancien chef syndical, le Dr Gaétan Barrette, comme démarcheur. 
Sa mission: «Avec les collègues, de tous les partis, ces «Bons docteurs», devront bloquer tout contrôle par la RAMQ en établissant un plan stratégique efficace. Car une RAMQ qui fonctionne encore avec les factures papier, qui n'a aucun contrôle sur l'exactitude des paiements qu'elle effectue, qui n'a aucune imputabilité; quel meilleur allié.
C'est simple, on ne leur donne pas de pouvoir. De plus, si l'on faisait plus de recherches, je suis convaincu que la situation ne serait pas plus rose dans les pharmacies.
D'autre part, le collège des médecins est chargé de réguler la profession et de protéger le public. Dans les faits, le collège n'est qu'un syndicat qui protège les membres délinquants contre le public. Les millions en réserve comme fond de défenses professionnelles en disent long. Comme outil de protection du public, c'est comme si l'on attachait un chien avec de la saucisse.
On a remplacé le contrôle tout puissant de la religion par le contrôle absolu de la médecine. Une petite mafia qui ne tolère ni les normes du travail ni le contrôle de l'efficacité des services rendus au public.
Pourtant, plusieurs professionnels millionnaires ne penseraient même pas à contester le bien-fondé de ces contrôles. Je m'imagine très mal un Sidney Crosby qui déciderait de se présenter seulement à la deuxième période ou qui compterait seulement une dizaine de buts dans la saison; on lui proposerait vite un échange. 
Même après la fraude légale de «L'institut de l'oeil» leur démarcheur, l'ancien chef syndical, n'a rien vu de mieux que de renouveler le contrat, parce que les médecins refusaient de réintégrer leurs nouveaux locaux à l'hôpital. Une mutinerie quoi!
Le système de santé fait défaut depuis plus de 30 ans; on ajoute des budgets, on tente de modifier la structure des services, on permet aux médecins de s'incorporer, mais la population attend toujours les résultats.
Pourtant, en 1981, Ronald Reagan a réglé la mutinerie des 11 000 contrôleurs de l'air; c'en était assez des menaces. Il les a tous congédiés et obligés de signer un nouveau contrat à des conditions plus acceptables pour les contribuables. Il leur a indiqué qui était l'employeur, ses droits et devoirs. 
Lorsque l'on travaille dans les hôpitaux de la province, c'est la population qui est l'employeur, peu importe que tu sois en clinique privée ou publique, et les quelque 22 000 médecins ne partiront pas tous pour l'Ontario.
C'est dommage que nous en soyons rendus là, car c'est la grande majorité de médecins se dévoue corps et âme pour la population du Québec. Le problème se limite à une infime partie plus gourmande qui joue les gros bras et intimide les confrères plus civilisés.
Quelqu'un va-t-il sortir le cheval de Troie de la ville de Québec?
Gaétan Yelle
Trois-Rivières