Que voulons-nous vraiment?

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déclaré en mars dernier, vouloir élargir «l'aide médicale à mourir», à une plus grande catégorie de patients, selon la notion de «mort raisonnablement prévisible», mentionnée dans la loi fédérale C-14.
Cette loi est présentée de façon tellement insidieuse, qu'il devient très difficile de la désapprouver. Elle nous a été présentée, au début, comme une réponse aux gens «en fin de vie», qui «refusent de souffrir», et dont la mort est «imminente»... Elle s'étend maintenant à tous ceux dont la mort est «prévisible», qu'ils soient «aptes ou non», «de zéro à plus de cent ans», et ce, sans consultation populaire préalable! 
Les efforts gouvernementaux sont déployés uniquement, pour faire de cette loi, une «procédure socialement acceptable», sans information probante... Cette loi légalise à la fois l'euthanasie et le suicide assisté, et deviendra ainsi la première loi, dans le monde, à être aussi permissive dans son application. Les abus pourront-ils être évités?
Une simple autorisation verbale, ou l'assentiment d'un proche, suffiront pour bénéficier de cet aller simple vers un pays de rêves. Sera-t-il possible, toutefois, de changer d'avis?
Les injustices engendrées par l'eugénisme refont surface, pendant que l'extrême centre oscille vers la droite, et que la dignité humaine décline à la grandeur de la planète.
Interrogeons-nous plutôt sur les véritables buts de l'aide à mourir, qui sont beaucoup plus économiques qu' humanitaires...
Le désir de mort découle de la douleur, et, si celle-ci est atténuée, le désir de vie reste le plus fort. À partir de quel seuil de souffrance, l'aide médicale à mourir sera-t-elle permise?
Apportons ici quelques précisions:
1. La réanimation, (ex.: massage cardiaque) est un redémarrage du corps humain, qui lui permet de retrouver son autonomie métabolique.
2. L'acharnement thérapeutique (ex.: respirateur artificiel) maintient artificiellement le patient «en vie», en abusant du savoir-faire scientifique.
3. L'euthanasie passive consiste à laisser mourir le patient en soulageant sa douleur.
4. Le suicide assisté survient quand le patient s'administre lui-même le comprimé mortel, prescrit par le médecin.
5. L'euthanasie active relève de l'homicide, même si c'est un médecin qui injecte lui-même la substance mortelle au patient.
6. Les soins palliatifs sont destinés à la personne «en fin de vie», considérée comme «vivante jusqu'aux derniers instants». Ils assurent l'accompagnement global du patient et de son entourage, tant au niveau de la gestion de la douleur, que d'un soutien psychologique et spirituel.
La Loi 52 sera donc appliquée par des médecins qui procéderont à l'euthanasie active, en toute impunité, aux dates et heures convenues, en tout respect de la loi!
«La question qui tue» est: les patients seront-ils influencés dans leur choix et par qui?
L'euthanasie deviendra-t-elle un traitement (?) de fin de vie au Canada?
L'impunité sera-t-elle élargie aux infirmières, aux proches et à d'autres membres du système de santé? Quels seront les critères à considérer? Souffrance physique ou détresse morale?
Nos aînés auront-ils toujours accès aux meilleurs traitements (pour les soins, c'est un tout autre débat...), quand ils auront la chance exceptionnelle de voir encore miroiter de belles années devant eux?
Qui formulera la demande pour les gens inaptes?
Assisterons-nous à la mise en place de cliniques d'euthanasie comme en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, tandis que la Suisse (tout comme cinq États américains) autorise seulement le suicide assisté?
Combien en coûtera-t-il, pour former les comités chargés d'autoriser ou de refuser les demandes d'aide médicale à mourir?... De qui - et par qui - seront-ils composés? Alourdir la bureaucratie au détriment des soins n'est pas une solution.
Pourquoi impliquer les médecins, quand ils ont déjà tellement de vies à sauver?
La période de fin de vie évite souvent de chercher les éventuels secrets emportés par le défunt, et de comprendre la nature des liens qui nous unissaient... Cette étape est primordiale pour bien vivre un deuil.
Le respect de la vie est universel, et c'est trop facile de déraper en sélectionnant qui a l'obligation de vivre et qui a le droit de mourir! 
Cette Loi 52 correspond-elle vraiment à ce que nous voulons, ou, nous est-elle imposée?
Et dire que la peine capitale a été abolie au Canada en 1976, parce qu'elle était immorale!
Denyse St-Onge
Trois-Rivières