Le dossier de la fluoration à Trois-Rivières semble être l'exception à la règle selon laquelle l'expression des opinions ne fait pas bouger notre démocratie.

Que vaut une opinion?

Quand je lis les opinions des personnes qui, au risque d'être considérées comme farfelues, incohérentes et sans génie, témoignent d'un point de vue qu'elles estiment à ne pas négliger, je demeure souvent déçu de notre démocratie, et surtout, de ses représentants élus. C'est à se demander que vaut une opinion d'une citoyenne ou d'un citoyen qui ose se lever pour alerter les autorités, au risque de subir la risée de l'establishement.
Vous vous souvenez certainement des écrits nombreux qui ont dénoncé l'imposition de la fluoration de l'eau à Trois-Rivières; on y a même lu a contrario de l'opinion des citadins informés, les autorités de la Santé publique qui, fortes de leurs savantes connaissances scientifiques, soutenaient les grands avantages pour nous tous d'imposer ce traitement anticarie dentaire contre le gré des contribuables.
Durant combien d'années ont dû batailler des citoyennes et citoyens pour faire arrêter la pollution par la flottaison des billes de bois sur la rivière Saint-Maurice? Et cette autre bataille contre les tirs d'obus sur le lac Saint-Pierre par l'armée canadienne campée à Nicolet.
Et que dire aujourd'hui de cette catastrophe écologique à laquelle nous participons tous par l'exploitation sans retenue des énergies fossiles et ses plastiques de toutes sortes?
C'est toujours au nom du progrès que l'on se permet de détruire sans vergogne notre environnement. Regardez ce que sont devenues les belles terres agricoles à l'ouest de l'autoroute 55 de Trois-Rivières; des concessionnaires de tous genres, des quartiers résidentiels luxueux, et bientôt, un autre aréna dont le besoin est inexistant.
Sommes-nous plus évolués qu'au Moyen-Âge alors que régnait l'Inquisition et qu'on bâtissait des cathédrales à la gloire de Dieu, lesquelles sont aujourd'hui pratiquement toutes vides à longueur d'année et sans aucune valeur pour sauver nos âmes? 
Avons-nous simplement changé de foi (Dieu vs l'Argent) pour revenir à ces temps où la foi jurait de tout et ne valait strictement rien quant au respect des humains et notre salut éternel?
C'est de plus en plus inquiétant d'exprimer des opinions sur notre démocratie qui, dans les faits, n'en est plus une du tout.
Les citoyens braillent leur cynisme par dépit et, chaque année, le Bye Bye du Nouvel An nous fait pleurer de dérision sur nous-mêmes et cette vérité que la démocratie est un leurre.
Oui, nous sommes cette «bande de caves» (Claude Péloquin) qui payent grassement nos dirigeants pour rire de nos opinions et nous faire mourir à petit feu; quand cela cessera-t-il? En 2017 peut-être? 
Il est pourtant plus que temps que nous retrouvions les valeurs du «Vivre mieux en simplicité et en respect de tout un chacun, et surtout, de notre Mère-Terre, de notre Mère-Nature». Les opinions des gens doivent être centrales dans la gestion de nos dirigeants sinon, la démocratie et la société n'existent tout simplement plus.
L'inconscient collectif, auquel nous a sensibilisés Carl Gustave Jung, est souvent l'oeuvre des dirigeants qui, au sommet du pouvoir, nous induisent dans l'erreur, et nous les font suivre aveuglément dans la lignée des puissants lobbys de tous genres. Sortons de notre inconscience.
Nul n'a le monopole du bon jugement; c'est pour cela que la démocratie existe et doit être vivante, très vivante, beaucoup plus vivante que moribonde et bâillonnée comme elle l'est actuellement.
Émettre une opinion et la défendre, c'est bâtir une idée, laquelle doit s'ajouter aux pierres des nouvelles cathédrales à construire; celle de la Nature qu'il faut maintenir en bon état de servir pour encore des millénaires.
Osons nous exprimer pour faire vivre la démocratie autrement qu'aux seules périodes électorales; la vérité est toujours à rechercher et elle n'appartient pas seulement à l'autorité.
L'État, n'est-ce pas nous? Qu'en pensez-vous?
François Champoux
Trois-Rivières