P’tite nuite, grande soirée

La recette fonctionne toujours aussi bien. Un excellent spectacle du Cirque du Soleil, une musique mise en valeur par une trame sonore brillamment revisitée, un cadre enchanteur, une expérience de spectateur unique. Quand, en plus, Dame Nature se met de la partie pour se faire juste assez clémente, ça donne des soirées parfaites. On aurait pu croire que cette recette allait un jour s’essouffler. Il n’en est rien. Elle ne fait que se bonifier.

Les artistes du Cirque du Soleil et le personnel de la Corporation des événements de Trois-Rivières ont réalisé un grand coup, mercredi soir. La grande soirée de première, devenue une belle tradition, vient donner le ton à la programmation estivale de l’Amphithéâtre Cogeco.

Mais plus que cela, elle vient chaque année donner à Trois-Rivières des airs de grande ville et aux Trifluviens de bonnes raisons d’être fiers.

Il ne faudrait surtout pas s’offusquer que ce soit là un des effets collatéraux de la présence de l’amphithéâtre au confluent du fleuve et de la rivière. L’idée avait été contestée, le projet avait été malmené dans l’opinion publique, mais l’amphithéâtre a fini par devenir une grande réussite et un formidable moteur touristique pour la région. Plus des deux tiers des spectateurs de Stone, l’an passé, étaient de l’extérieur de la région, ne l’oublions pas. C’est majeur.

Même si la construction de l’amphithéâtre laisse encore des amertumes et même si sa gestion laisse encore bien des chiffres en suspens, l’implantation de cette infrastructure aura certainement eu le mérite de faciliter la décision du Cirque du Soleil et de sa filiale 45 Degrees de s’y installer chaque été avec une création originale. Il y aura toujours des personnes qui auront des réserves, des critiques envers cette infrastructure, mais on ne peut pas, honnêtement, ne pas se réjouir de son impact et de ses retombées.

Au lendemain de la première du spectacle, plusieurs médias y allaient de leurs critiques, généralement très positives. Mais certains médias de la Métropole qui ont envoyé des journalistes à Trois-Rivières mercredi soir ont aussi pris soin de parler de l’«expérience» de l’Amphithéâtre Cogeco. La Presse, notamment, terminait son texte en mentionnant ceci: «Quelques mots sur le magnifique Amphithéâtre Cogeco, aménagé au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. La température était parfaite hier soir pour en apprécier tous les atouts. [...] Avant de prendre place, on peut se balader sur le bord de l’eau. Un très agréable décor.»

Ça rejoint ce qu’ont déjà dit plusieurs visiteurs et plusieurs personnalités au sujet de leur découverte de l’Amphithéâtre Cogeco. Et il faut admettre qu’il est flatteur – ou jouissif, parfois – de voir des Montréalais s’étonner sur ce qu’on peut trouver comme qualité de spectacle, comme installations, comme restaurants, comme animation et comme aménagements dans une ville «de province». Déjà, être capable de les faire sortir de leur île, c’est souvent un exploit en soi.

Il faut dire que l’expérience qui consiste à assister à un spectacle à l’Amphithéâtre Cogeco est franchement agréable. Bien sûr, on connaît l’environnement exceptionnel, la promenade et l’esplanade au bord du fleuve. Mais cette année, on a bonifié la qualité de l’accueil avec l’aménagement de l’Espace Marmen, une nouvelle terrasse aménagée sur le site et permettant au public de prendre un verre et manger avant et après le spectacle. L’utilisation de conteneurs modifiés donne un look très réussi à cet espace de restauration.

Il est certainement rassurant de voir que l’équipe de l’Amphithéâtre Cogeco et de la Corporation des événements de Trois-Rivières ne s’assoient pas sur leur succès et cherchent toujours à bonifier l’expérience client. Le Cirque vient de signer pour cinq autres années, au terme de la présente entente de cinq ans. Il est impératif de non seulement diversifier les univers mis en valeur dans les différents spectacles, mais aussi les façons dont on s’y prend pour rendre l’expérience mémorable.

Et il semble bien que les dirigeants l’aient compris.