Protégez ces travailleurs

Quand des employeurs refusent de respecter les lois, ils demandent à en être exclus!
Le 18 janvier, nous pouvions lire dans les pages du Nouvelliste un article où le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés réclame l'exclusion de ses membres de l'application du décret sur l'entretien des édifices publics.
Ses membres n'auraient pas les moyens de verser les salaires prévus au décret pour l'entretien des espaces communs dans les résidences privées. Pourtant, ces salaires, entre 15,98 $ et 16,41 $ l'heure, ne sont pas exorbitants, ni abusifs, et permettent simplement un niveau de vie décent.
Ces salariés manipulent des produits potentiellement toxiques et assurent la propreté, mais surtout la salubrité de ces résidences. Un salaire de l'ordre de ceux du décret n'est pas exagéré.
Le Carrefour d'aide aux non-syndiqué-es est inquiet que la ministre réponde positivement à une telle demande, puisque sans l'application de ces normes salariales, ces travailleuses et ces travailleurs risquent de gonfler les rangs des travailleurs au salaire minimum.
Nous sommes inquiétés par le fait que depuis quelques années, nous recevons régulièrement des appels de travailleurs de résidences privées pour aînés dont les employeurs ne respectent pas la Loi sur les normes du travail sous différents aspects. Nous ne croyons pas que les exclure du décret les rendra plus respectueux des droits de leurs salariés.
En excluant les résidences privées pour aînés du décret, la ministre du Travail, Agnès Maltais, plutôt que de lutter contre la pauvreté et assumer sa responsabilité de protection des travailleurs contre les abus, se fera complice d'employeurs en situation d'irrégularité et les encouragera à maintenir des salariés en situation de précarité économique. De plus, en accédant à une telle demande, nous craignons que les différentes associations patronales profitent de cette brèche pour demander encore plus de souplesse législative pour exploiter impunément les travailleurs.
Le rôle de la ministre du Travail est de s'assurer que les lois du travail en vigueur soient respectées; elle est le seul rempart des travailleurs non syndiqués contre les abus des employeurs. En accordant aux employeurs récalcitrants le privilège de faire modifier les lois dans le seul but d'exploiter des travailleurs, elle envoie comme message aux salariés qu'ils valent bien peu pour elle et qu'elle est incapable d'assumer pleinement sa responsabilité ministérielle.
Marie-Josée Magny
directrice générale Carrefour d'aide aux non-syndiqué-es
Trois-Rivières