Prévention du suicide: un recul pour la région

La fin du versement de subvention pour le Centre de prévention du suicide Centre-de-la-Mauricie–Mékinac par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec est une bien mauvaise nouvelle pour la qualité des services offerts dans cette portion de la région.

On a décidé, dans un souci de bien servir la population, d’installer une boîte vocale, un répondeur, un message automatisé pour que la personne en crise, au bord du suicide, compose un autre numéro, aille vers une autre ressource, pour lui faire éviter le pire. Bien sûr, dans un état de panique, de mal-être plus que profond, il est entendu qu’un message téléphonique saura aider la personne à retrouver la petite flamme qui éclaire au bout du tunnel.

On sait très bien aussi que ces organismes communautaires sont tenus à bout de bras par des bénévoles ou des employés dont le salaire est inversement proportionnel au degré d’engagement envers la cause. Peu de ces «amoureux fous» des humains sont des gestionnaires aguerris, et qui remplissent les obligations administratives à temps partiel.

On peut présumer que l’aide du CIUSSS ressemble à ceci: de la correction au crayon rouge, des pistes de solutions, de la paperasse supplémentaire pour les suivis au CIUSSS et, dans un souci de soutenir l’équipe (composée de personnes pour qui le bonus de fin d’année n’est certainement pas l’objectif de son engagement envers cet organisme communautaire), on retient une partie des faramineux 162 000 $ versés pour faire marcher cette petite machine. Mais, pire encore, pour la prochaine équipe, on promet 289 000 $, annuellement. N’aurait-il pas été plus pertinent qu’on envoie à l’organisme en place un conseiller spécialisé, gestionnaire du redressement? L’équipe déjà en place aurait sans doute eu beaucoup à gagner à recevoir un soutien du CIUSSS, plutôt que la gifle qui met fin à un service essentiel.

C’est toujours surprenant ce que l’on peut voir d’un bureau, dans un corridor, de la vraie vie et, dans ce cas-ci, de cette vie qui est si lourde qu’elle en voudrait disparaître.

Claude Beaudoin

Endeuillé du suicide