Pourquoi ne pas travailler ensemble?

En réaction à l'opinion de la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, intitulée «Soins à domicile: pas besoin d'un sauveur... privé!», publiée dans notre édition du 9 juin dernier.
Ça paraît bien de vouloir faire l'embauche de préposées aux bénéficiaires, de vouloir faire des reconnaissances d'acquis, des formations accélérées... pour combler le manque de personnel.
Pourtant il y a déjà une formation qui se donne sur dix mois au centre de formation Bel Avenir, une vraie formation avec des enseignants qualifiés. Pourtant plusieurs diplômés ne sont pas embauchés même avec un DEP en main.
J'ai été personnellement diplômée en mai 2012. On a rejeté ma candidature malgré une mention spéciale de mes enseignants. Pourquoi? J'ai contacté à plusieurs reprises la personne responsable des emplois à ce moment-là. Jamais de réponse pour en connaître la raison.
J'ai été honnête lors de l'entrevue sur les antécédents médicaux. Un mini AVC sans aucune séquelle. Rien qui n'aurait pu m'empêcher de faire mon travail avec passion et compassion.
Je me suis immédiatement tournée vers le privé, engagée deux jours avant la fin de ma formation avec des semaines de travail de 40 heures et plus.
Ne venez pas me faire brailler lorsque vous dites qu'il y a une pénurie de préposées, je ne suis pas la seule de mon groupe qui a été rejetée, ce fut près du tiers des diplômés qui se sont retournés vers le privé.
Chère Madame Chabot, au lieu de dénigrer le privé, appréciez qu'il nous donne la chance de mettre en pratique nos formations, notre passion et notre dévouement au service des personnes vieillissantes, ce que le milieu public n'a pas su nous offrir.
Voyez-y avant de perdre vos meilleurs préposés au profit du privé... parce qu'en bout de ligne, je dis merci de ne pas avoir été engagée puisque je peux faire mon métier avec le respect de mon employeur et surtout j'ai le temps de donner de bons moments aux bénéficiaires en résidences et autres. Je suis assidue dans mes services, ce qu'ils apprécient grandement.
Ces mêmes bénéficiaires sont très rassurés et non insécurisés par les services du privé, contrairement à ce vous avancez dans votre lettre. Le privé est ponctuel, fidèle et qualifié dans ses services. Aussi, les membres du personnel sont heureux et en forme pour accomplir leur journée de travail.
Avec la population vieillissante, pourquoi ne pas travailler ensemble, le public et le privé, afin de donner le meilleur à nos aînés, eux qui ont toujours donné sans rien demander, au lieu de regarder que sa petite personne... ou ce que les autres font!
Après tout, les employés au privé ne sont pas des deux de pique. Nous sommes des diplômés sur lesquels le public a levé le nez. N'allons quand même pas nous apitoyer sur notre sort d'avoir été rejetés à la sélection d'embauche et vous regarder vous plaindre au public!
Heureuse de faire le plus beau métier du monde... même au privé!
Dianne Blais
Trois-Rivières