Le Québec devrait s'inspirer de la Norvège et mettre à profit ses ressources pétrolières.

Pourquoi ne pas exploiter nous-mêmes notre pétrole?

Le Québec aurait-il avantage à exploiter son propre pétrole? J'ai écouté les propos de Bernard Landry et je ne peux qu'adhérer à deux de ses arguments.
Notre monde a encore besoin de ressources pétrolières et nous aurions grand avantage à utiliser un pétrole plus propre, plutôt que celui, hyper polluant, issu des sables bitumineux d'Alberta, sans oublier que son transport, lui-même, comporte de grands dangers pour l'environnement. Nous ne pouvons ignorer non plus l'avantage économique découlant de l'utilisation de nos propres ressources, plutôt que de les acheter ailleurs.
Cependant, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement du Parti québécois ne s'inspire pas du modèle de la Norvège. Nous pourrions, nous aussi, créer une entreprise paragouvernementale, comme l'a fait Hydro-Québec, pour voir à cette exploitation sur notre sol québécois. Nous pourrions ainsi répartir les revenus de cette exploitation en deux catégories: l'une pour faire baisser la dette du Québec et l'autre pour nourrir le Fonds des générations.
La Norvège a ainsi réussi à mettre de côté des dizaines, voire même des centaines de milliards de dollars dans le Fonds des générations. De plus, leur exploitation pétrolière étant effectuée par une entreprise gouvernementale, ils se sont assurés ainsi une exploitation plus propre, plus en mesure de respecter les normes environnementales.
Le Parti québécois aurait grand avantage à s'inspirer de ce modèle. Bien qu'un tel projet nécessite d'énormes investissements, ils se rembourseront vite par les profits et la rentabilité en sera inouïe. Plutôt que d'utiliser un projet de Charte des valeurs qui ne fait que diviser le peuple, pour tenter de s'assurer des gains aux élections, il pourrait se garantir une avance majoritaire avec un projet sur le plan économique dont les répercussions seraient inestimables.
Cette formule aurait, de plus, l'avantage de rassurer les Québécois sur un projet d'indépendance. S'il nous prouvait, noir sur blanc, une grande autosuffisance pour le Québec, les votes seraient probablement au rendez-vous.
Il est sûr que pour se lancer dans une telle aventure, cela prend beaucoup de courage pour un gouvernement. Le Parti québécois serait-il en mesure d'avoir cette audace? J'ai de grands doutes... Il a tellement peur de perdre le pouvoir qu'il risque de ne jamais avoir le courage de faire ce grand saut. Pourtant, une telle action de sa part démontrerait au peuple québécois le respect que le PQ accorde à un bien qui appartient aux citoyens du Québec.
Plutôt que d'aller se pavaner inutilement en France et en Écosse, madame Marois aurait grand avantage à se rendre rencontrer les Norvégiens pour leur demander conseil. Un tel voyage ferait en sorte de l'inspirer et de la convaincre de cesser de donner nos ressources naturelles à des intérêts étrangers. Elle démontrerait alors son ouverture et son intérêt pour les générations à venir. Le Québec possède non seulement des ressources naturelles inouïes, mais aussi des ressources humaines extraordinaires.
Le gouvernement actuel souffre d'un grand manque d'esprit visionnaire. Pourtant, c'est ce dernier qui pourrait vraiment changer les choses. On se vante, à qui veut l'entendre, de l'esprit créatif des Québécois, mais le gouvernement ne semble pas l'utiliser à son propre service. Je n'ai rien contre l'indépendance du Québec, sauf que je ne fais pas confiance à un gouvernement qui ne nous propose que des solutions de pacotille pour prétendre mener notre province vers un État indépendant. Il faut voir beaucoup plus grand qu'une vulgaire petite Charte des valeurs, bien inutile.
Thierry Évrard
Trois-Rivières