Pourquoi les religions et les élections?

Pourquoi le genre humain a t-il besoin des religions, des présidents, des généraux et des grands financiers?
Probablement parce que certains individus (comme chez la plupart des races animales) ont un besoin naturel de dominer leurs semblables et que la masse se sent en sécurité d'être sous la gouverne d'un chef puissant. L'avantage de l'humain sur la bête est qu'il peut dominer autrement que par la seule force physique.
Quoi de plus efficace que de prétendre être le représentant d'un être suprême invincible et tout aussi immatériel qu'impossible à démasquer? L'endoctrinement (lavage de cerveau) est facilité par l'aura de bonté infini que possède ce généreux bienfaiteur et la perspective d'un bonheur éternel pour peu qu'on se plie aux directives de ses représentants sur Terre.
Pour rallier les récalcitrants, il suffit de les menacer des pires tourments que cet être infiniment bon est capable de leur infliger s'ils osent défier son autorité. La véritable trouvaille est de promettre d'accorder la récompense ou d'exécuter la punition dans l'au-delà rendant impossible toute argumentation...
Telle est la recette de toutes les religions. Chacune prétend posséder la vérité absolue et l'obligation morale de l'imposer par tous les moyens à tous les hommes. De tout temps, chacune à son époque, les grandes religions ont cherché à imposer par la force leur emprise sur l'ensemble de l'humanité et les politiciens se sont allègrement servis des religions pour asseoir leur pouvoir.
L'ère moderne est particulièrement propice aux politiciens. La mondialisation et la concentration du pouvoir politique, militaire et financier sont des outils formidables à l'heure de la communication instantanée sur toute la planète.
Les chefs religieux ne sont plus les seuls à aspirer au titre de chef suprême de la meute. Les dirigeants politiques (en particulier la droite religieuse), militaires, financiers et autres puissants de ce monde cherchent également à asservir les crédules (croyants) que nous sommes au seul Dieu qui les réunit tous, «le pouvoir absolu».
Leur credo est la promesse du bonheur immédiat par la croissance économique (accumulation de biens de consommation) si on leur accorde le droit de piller nos ressources et le spectre du chaos et de la déflation (misère noire) si on s'y oppose. Quand ferons-nous front commun pour mettre fin à cette négation de la dignité et de l'intelligence humaine?
Quand cesserons-nous de permettre à quelques individus de contrôler l'essentiel des ressources de la planète? Quand serons-nous suffisamment évolués pour ne plus avoir besoin de policiers pour nous imposer un code de conduite responsable et respectueux de nos semblables? Quand aurons-nous suffisamment foi en nous-mêmes pour ne plus avoir besoin d'accorder une foi aveugle à un être inventé de toute pièce pour nous asservir?
Quand cesserons-nous d'accepter que des hommes et des femmes à qui nous accordons le mandat de nous représenter nous mentent et nous manipulent à seule fin de satisfaire leur soif de pouvoir? Quand réaliserons-nous que nous avons renoncé à notre liberté pour croire à des chimères, qu'elles soit matérielles ou immatérielles?
Un grand de chez nous, Raymond Lévesque, nous a apporté une réponse toute simple à ces questions: «Quand les hommes vivront d'amour, il n'y aura plus de misère. Et commenceront les beaux jours, mais nous nous serons morts, mon frère».
Quand viendra ce jour, nous n'aurons plus besoin d'élections, de religions, de militaires, de policiers et encore moins de banquiers. Mais pour que ce jour vienne et que nos descendants le connaissent, il est grand temps que nos sociétés se mobilisent pour enrayer la concentration du pouvoir qui est présentement à l'oeuvre à l'échelle de la planète.
Ghislain Morin
Shawinigan-Sud