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Pourquoi je suis fédéraliste plus que jamais

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / Pour moi le fédéralisme est une philosophie politique beaucoup plus riche que l’opposition au projet indépendantiste.

Être fédéraliste, c’est d’abord être convaincu que ce système est la meilleure façon de gouverner les grands ensembles complexes de nos régions au Canada. La formule fédérale permet aux communautés de régions, de langues, de religions différentes d’unir leurs forces pour atteindre leurs objectifs communs, tout en préservant chacune leur caractère propre.

Au Québec, quand ça va mal, les nationalistes accusent le fédéral, on en a la preuve tous les jours durant la pandémie de la COVID-19, même si le Québec a 50 % des décès du Canada! Pourtant, le fédéralisme n’est pas contre la préservation des identités nationales, au contraire. Le fédéralisme existe précisément parce que des nations ont voulu s’unir sans sacrifier leur personnalité.

Le fédéralisme est l’incarnation publique des valeurs profondes: l’appréciation de la diversité, la conviction que le compromis est une vertu plutôt que signe de faiblesse, la certitude qu’en travaillant ensemble, les individus et les collectivités s’enrichissent mutuellement, et l’idée que des communautés proches en termes de valeurs et de mode de vie ont le devoir moral de vivre ensemble de manière pacifique, de donner exemple au monde. Si les anglophones et les francophones du Canada ne peuvent coopérer pour le bien commun, comment espérer que les Israéliens, les Palestiniens, les musulmans, les Noirs, les Autochtones puissent cohabiter pacifiquement avec nous?

On reproche aux systèmes fédéraux de donner lieu à d’incessants tiraillements entre les deux ordres de gouvernement. Cela n’a rien d’étonnant, les relations entre les pays sont souvent difficiles. Le fédéralisme ne fait pas disparaître les conflits, il permet de les gérer pacifiquement et de les régler à l’avantage des parties.

Les indépendantistes ont beau jeu de mettre tous les problèmes du Québec sur le dos du système fédéral. On l’a vu avec le pont Champlain: aujourd’hui tout le monde est content!

C’est caricatural, aucune forme de gouvernement n’est parfaite.

Si l’indépendance est la clé de la prospérité et de la justice sociale, comment expliquer que le Québec à l’intérieur du Canada est plus riche et plus égalitaire que la grande majorité des pays souverains de la planète?

Dans le monde d’aujourd’hui, le fédéralisme est plus pertinent que jamais, notamment en raison de l’entraide qui se traduit par la péréquation, quand une région est éprouvée économiquement. Cependant, c’est aussi une idée complexe «dont l’application exige, dans les gouvernés, usage journalier des lumières», comme l’écrivait Tocqueville.

De nombreux indépendantistes, même notre premier ministre Legault, sont devenus fédéralistes et vice versa, nos valeurs obligent...

Jules Pinard
Trois-Rivières