Pourquoi ce silence des municipalités?

Le 28 septembre, Le Nouvelliste publiait l’article sur les hydrocarbures et la protection de l’eau potable écrit par des représentants des 300 municipalités du Québec demandant au gouvernement Couillard d’établir des distances séparatrices minimales de 2 km entre une tête de puits de forage gazier ou pétrolier et les sources d’eau potable, qu’elles considèrent acceptables!

J’insiste sur les faits que, à maintes reprises, il est prouvé que les méthodes de fracturation hydraulique en Amérique du Nord utilisées de nos jours sont une arme dangereuse pouvant accroître les risques de tremblements de terre, ont des impacts directs et indirects en termes d’empreinte écologique, accélèrent la dégradation environnementale, contaminent nos nappes phréatiques et, non le moindre, contaminent également nos plans d’eau potable. 

Sans équivoque, cette technologie ne répond en aucun cas à épargner et sauvegarder notre environnement sain. Il est impératif que les municipalités refusent catégoriquement la présence de ces forages dans tout le Québec (tel que fait pour le passage de l’oléoduc de TransCanada) et prennent position envers notre gouvernement provincial contre tout projet de forage. 

Qui plus est, aux fins de soutenir leurs citoyens qui pourront subir les assauts de ces compagnies dans un proche avenir, les municipalités doivent demander au gouvernement provincial, en plus du retrait total des dispositions permettant le forage par fracturation hydraulique, le droit accordé aux pétrolières d’exproprier des citoyens et donner la permission aux pétrolières de forer à des endroits où le schéma d’aménagement ne le permet pas.

Les lois et règlements sur les mines sont totalement désuets, autocratiques, voire despotiques. Combinés avec la Loi 106, loi qui encadre l’exploitation des hydrocarbures, ceux-ci constituent un danger réel pour la population. Sérieusement, comment se fait-il que vous, les municipalités, ne réagissez pas? Vous acceptez que les sous-sols ne nous appartiennent pas? Croyez-vous vraiment que vos concitoyens acquiesceraient, sans aucune réaction, un forage dans leur propre cour et l’obligation d’évacuer leur résidence sans dire mot? 

Comment notre gouvernement provincial peut-il voter et déployer des lois aussi dictatrices et oppressives que ces deux lois envers ses citoyens? Ceci est tout simplement de l’abus de pouvoir et ça ne fait que servir les plus nantis, sans aucun égard au respect de tous et de notre environnement fragile. La démocratie et l’égalité sont-elles rendues illusoires ou utopiques?

Cette lettre sera adressée aussi à Philippe Couillard, premier ministre du Québec, Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Pierre Moreau, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique.


Nicole Morin

Trois-Rivières