C'est dans cet immeuble du 250 boulevard Industriel à Shawinigan que la communauté musulmane voulait établir une mosquée. Les élus ont toutefois décidé, en comité privé, de ne pas accorder le changement nécessaire au règlement de zonage pour aller de l'avant avec ce projet.

Pour un leadership rassembleur

Le conseil municipal de Shawinigan a refusé à la communauté musulmane de la ville de se donner un lieu de culte dans le parc industriel. Il a cédé aux revendications primaires et irrationnelles d'un certain nombre de citoyens apeurés par les évènements récents de France et d'ailleurs. La décision du conseil est déplorable. Elle bafoue nos valeurs fondamentales de liberté religieuse et de liberté d'expression, en plus de donner de la ville, à l'échelle internationale, une image intolérante et anachronique.
Par contre, on peut comprendre que le conseil ait voulu préserver la paix sociale dans un contexte mondial particulièrement sensible. Néanmoins, avait-il le droit d'écouter les doléances d'une partie seulement de sa population? Quoi qu'il en soit, le conseil et le maire ont maintenant la responsabilité de mettre en place un leadership rassembleur. Pourquoi? Parce que Shawinigan, comme d'autres villes de région, a reconnu l'importance de l'immigration pour maintenir une masse critique dans sa population.
Pour ce faire, la Ville a adopté une politique d'immigration. Aujourd'hui, il apparaît évident que cette initiative est insuffisante. Elle doit s'accompagner d'une politique d'accueil et d'inclusion des nouveaux arrivants. Elle doit aussi comporter un programme d'apprentissage de la diversité pour les résidents de longue date habitués à des décennies de monolithisme.
Cette gestion du vivre ensemble est essentielle et la responsabilité d'en faire un succès incombe au conseil municipal.
À court terme, le conseil devrait proclamer un temps d'arrêt. On pourrait en profiter pour favoriser des rapprochements entre les deux groupes et pour chercher ensemble des solutions aux préoccupations des uns et des autres. Les deux groupes de citoyens, anciens et nouveaux, auraient intérêt également à multiplier les initiatives d'ouverture comme, par exemple, des soirées d'information, des activités sociales et festives. Tout cela dans le but de se connaître, de se parler, de s'apprivoiser, conscients que, de toute façon, les deux communautés sont destinées à partager un même milieu. Et que chacune n'a qu'une envie: faire de la vie une aventure heureuse.
René Lord
Trois-Rivières