L'étude réalisée par des chercheurs de l'Université brésilienne de Pelotas a étudié le devenir de quelque 3500 enfants nés en 1982 et nourris au sein au début de leur existence pendant des durées variables.

Pour un discours cohérent sur l'allaitement

Une marraine d'allaitement est une maman qui a allaité et qui a à coeur de soutenir les nouvelles mères qui souhaitent le faire.
Dans la région, avant de pouvoir intervenir auprès des mères, nous devons suivre une formation à l'Agence de santé. La marraine d'allaitement ne s'informe donc pas sur des blogues douteux ou dans d'obscurs congrès, mais auprès des instances du milieu de la santé, des références régionales en matière d'allaitement, auprès de celles qui connaissent les études, qui ont suivi des formations.
Pourquoi nous donne-t-on accès à ces formations, les mêmes que suivent les infirmières appelées à travailler auprès des nouvelles mères? Pour que le discours soit cohérent, pour que les mères ne reçoivent pas des informations contradictoires. Quand elle parle d'allaitement, l'Agence de santé insiste pour que nous comprenions qu'il s'agit d'un enjeu de santé publique, que l'allaitement devrait être vu comme la norme.
Or, voilà qu'un article de Gabrielle Duchaîne paru dans La Presse+ du 1er mai dernier, intitulé «Couper la langue de bébé?», cite des intervenants dont le discours sur l'allaitement, s'il sert son propos, se situe bien loin des lignes directrices qui nous sont transmises, et une telle incohérence met certainement à mal la crédibilité du discours sur l'allaitement, qui est pourtant bien clair quand on lit les recommandations du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Le moins dont on aurait été en droit de s'attendre de la part de professionnels tels un chirurgien dentiste et le président du Collège des médecins, c'est qu'ils se mettent au diapason avec les autorités avant de se prononcer comme experts.
Il faut aussi savoir qu'avant d'avoir recours à une frénotomie, les parents ont généralement rencontré une consultante en allaitement, qui a reçu une formation spécialisée sur l'anatomie orale du bébé et du jeune enfant ainsi que sur la biomécanique et qui est qualifiée pour évaluer la fonction buccale afin de déterminer s'il y a des restrictions causées par un frein de langue court.
Celle-ci les réfère à un médecin, généralement un ORL ou un dentiste, qui devrait être en mesure, lui aussi, de juger de la nécessité de l'intervention avant de la pratiquer.
Comme les premières semaines sont cruciales pour la réussite de l'allaitement, bien sûr que les bébés sont petits au moment de l'intervention et s'ils ont un peu mal, ils cessent de pleurer dès qu'on les met au sein. Surtout, nous demeurons profondément convaincues (plusieurs de nous ont fait le choix de faire subir cette intervention à certains de leurs enfants) que les quelques minutes de pleurs valent cent fois les nombreuses semaines d'allaitement efficace qui les suivent.
Il faut bien admettre que la frénotomie doit être encadrée, mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps, l'allaitement était une pratique marginale; il y a toute une expertise à se réapproprier si on souhaite en faire une norme.
Or, voir des journalistes en profiter pour verser dans la démagogie en parlant de mutilation, associant allaitement et secte (je fais ici référence à l'éditorial de Brigitte Breton dans Le Soleil) nous écorche au plus haut degré. Nous n'en pouvons plus d'entendre parler d'«allaitement à tout prix»: si les mères pleurent dans les premières semaines, toutes celles qui passent à travers sont heureuses de l'avoir fait et, généralement, recommencent au deuxième.
Nous en avons assez que les formules commerciales soient présentées comme une alternative plus facile; on ne peut pas avoir plus facile qu'un allaitement qui va bien. Arrêtez de dire que nous sommes des extrémistes de la maternité; nous ne faisons que suivre les recommandations de l'OMS et de l'Association canadienne de pédiatrie, qui suggèrent un allaitement exclusif de six mois et, idéalement, une poursuite de l'allaitement conjointement à l'alimentation jusqu'à deux ans.
L'allaitement est une pratique à encourager qui peut très bien s'intégrer à n'importe quel mode de vie. Au-delà de toute la controverse, c'est ce que Mahée Paiement tentait de montrer en 2012. Et si on en croit les études plutôt que les journalistes, toute la société y trouvera son compte lorsque le paradigme sera inversé, que l'allaitement sera la norme et le biberon, l'exception.
Mélanie Grenier
Valérie Lupien
Tania Brassard
Céline Argentini
Geneviève Côté
Jennifer Michel
Mélanie Nadeau
Élaine Fréchette
Marraines d'allaitement pour le Centre Ressources Naissance de Trois-Rivières