Le cabaret Le Satyre vient de fermer ses portes. La fin de cette aventure de la relance du Maquisart, en plein centre-ville, est vraiment désolante, écrit l'auteur de cette lettre.

Pour un centre-ville diversifié

Le cabaret Le Satyre vient de fermer ses portes. La fin de cette aventure de la relance du Maquisart, en plein centre-ville, est vraiment désolante.
D'abord parce qu'elle se termine mal pour de jeunes entrepreneurs qui se sont complètement investis dans leur projet. Également parce que cet établissement venait diversifier l'offre de services de plus en plus uniforme que l'on retrouve sur la rue des Forges. 
Qu'est-ce que la Ville a fait pour soutenir cette entreprise? Rien de rien. Nada! Même indifférence de la Ville lors de la fermeture de l'un des plus beaux commerces dont nous disposions à mon avis, soit la Librairie Morin.
Pour en revenir au Satyre, je rappellerais qu'au contraire, et de manière tout à fait déloyale, l'administration municipale, à coup de millions, a notamment soutenu l'Amphithéâtre et le musée Boréalis dans leur mise en place de cabarets. Boréalis se vante d'une croissance annuelle de sa clientèle, mais ce qui fait rouler ce «musée», c'est d'abord et avant tout son cabaret-terrasse. 
Pas étonnant que face aux deux puissantes créatures privilégiées par la Ville, le Satyre n'ait pas survécu. Il n'est d'ailleurs pas le seul commerce à montrer une rue des Forges extrêmement fragile.
Encore cette semaine, entre les rues Notre-Dame et Royale, j'ai noté que l'ancienne Banque Laurentienne, qui se trouvait à l'angle Royale et des Forges, est toujours inoccupée, et vu aussi des locaux vides comme les voisins immédiats de la salle Thompson.
Les commerces de madame Martin, le Nomade, la boutique L: vides. Les locaux voisins de la SAQ: vides! Qu'est-il arrivé à notre rue des Forges? Cette artère principale où l'on trouvait, à une certaine époque où paraît-il Trois-Rivières n'était pas encore «sur la map», des cinémas, une librairie, deux grandes tabagies, des magasins de vêtements et d'articles de sport, deux quincailleries, plusieurs magasins généraux...
Ces dernières années, la Ville n'en a que pour la réalisation de gros projets clinquants qui amènent ponctuellement d'importantes subventions. Mais après, qui paie pour les coûts d'opération et d'entretien? Nous, les bons contribuables, dont les taxes foncières ont systématiquement augmenté année après année depuis 2001.
Juste pour l'Amphithéâtre et Boréalis, c'est quasiment 3 millions par année pour le fonctionnement. Et prévoyez une augmentation de nos contributions lorsque le Colisée sera construit. 
Pendant ce temps-là, un maire prétendument «visionnaire» reste insensible à la survie de tous ces petits commerces qui agrémentaient notre vie au quotidien. Et il est en train de créer un gros trou de beigne au centre-ville.
Pour mousser son District 55, il déplace un Colisée présentement situé dans un endroit idéal, au centre géographique de notre territoire et à quelques minutes du centre-ville, vers la périphérie. Pire: il ose même envisager le transfert de la gare vers ce même district, à distance insensée du centre-ville et d'un centre de congrès qui va en plus nous coûter des millions.
Y a-t-il moyen de mettre un terme à ces aberrations pour plutôt concevoir un plan d'ensemble mûri et cohérent. Je ne suis plus capable de souffrir les shows de boucane et le pétage de broue à odeur démagogique. Comment assurer à notre rue des Forges une vitalité à longueur d'année?
Je demandais récemment à un «préposé à la surveillance» des parcomètres de combien de temps disposaient les automobilistes lorsque le temps payé était échu. Aucun délai. Le ticket peut être immédiat. Voilà qui donne le goût d'aller faire ses emplettes en ville... 
Le maire voudrait voir Trois-Rivières métamorphosée en Dubaï dont il serait l'émir plénipotentiaire... Eh bien pour moi, je vous le dis tout net: aux prochaines élections, ce sera plutôt Bebye!
Guy Godin
Trois-Rivières