Le prochain budget Leitão sera le second depuis que le gouvernement a retrouvé l'équilibre budgétaire et l'avant-dernier du mandat de quatre ans.

Pour un budget structurant

L'auteur, Stéphane Forget, est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Le prochain budget Leitão sera le second depuis que le gouvernement a retrouvé l'équilibre budgétaire et l'avant-dernier du mandat de quatre ans. Des voix s'élèvent pour qu'il ouvre la vanne des dépenses. N'allons pas gaspiller l'effort des dernières années. Notre dette nette en proportion du PIB était encore, au 31 mars 2016, la plus élevée des provinces canadiennes. 
Nous avons cessé de creuser notre trou, mais nous sommes encore loin d'en être sortis. Pour cette raison, il faut mettre en oeuvre la recommandation du Vérificateur général, à l'effet de fixer des objectifs à moyen terme de réduction du poids de la dette. Le Fonds des générations reste un instrument pertinent pour réduire la dette, pourvu qu'il ne soit pas détourné à d'autres fins. 
Pour financer les priorités émergentes, le gouvernement doit poursuivre la révision chirurgicale de ses dépenses budgétaires et fiscales. S'il parvient à se dégager une marge de manoeuvre, c'est sur des initiatives structurantes pour l'avenir qu'il devrait la consacrer, notamment pour favoriser la création de richesse. 
La meilleure voie de promotion économique et sociale pour un individu, c'est encore un emploi bien rémunéré. Les départs à la retraite s'accélèrent et plusieurs postes deviennent disponibles. Trop nombreux d'entre eux demeurent vacants, à la fois dans les métiers traditionnels et nouveaux. 
En même temps, il reste des milliers de chômeurs qui ne possèdent pas les compétences en demande ou qui ne résident pas à proximité des postes vacants. Il y a également des milliers de travailleurs qui ont le potentiel et la volonté d'acquérir de nouvelles compétences pour dénicher de meilleurs emplois que ceux qu'ils occupent. Nous devons redoubler d'efforts et d'imagination pour aider et inciter l'offre de travail à répondre à la demande. 
En premier lieu, il faut s'assurer que les règles de financement des établissements d'enseignement, notamment au secondaire professionnel et au collégial technique, puissent permettre la création de petites cohortes et offrent assez de places dans les programmes menant vers les métiers en demande. Aucun candidat qualifié, jeune ou adulte, ne doit être refusé faute de places dans ces programmes! 
Il ne s'agit pas toujours d'ajouter de nouveaux budgets. Pour adapter l'offre de formation, le gouvernement pourrait inciter davantage les établissements à transférer des ressources des programmes moins performants vers ceux dont les finissants obtiennent facilement de bons emplois.
Pour les travailleurs déjà en emploi qui désirent acquérir de nouvelles compétences pour accéder à un meilleur emploi, la formation à temps partiel doit devenir plus accessible dans les disciplines où le déficit de compétences est reconnu.
L'autre façon de permettre aux travailleurs d'améliorer leur sort, c'est de poursuivre les efforts pour rehausser la productivité, ainsi que stimuler l'innovation par nos entreprises. 
À ce sujet, la FCCQ préconise une mesure fiscale temporaire permettant l'amortissement accéléré des dépenses en capital, visant les catégories de biens les plus déterminants pour la productivité. 
L'innovation est une chaîne allant de la recherche fondamentale à la commercialisation des résultats de recherche. Il conviendrait aussi de transférer une partie des budgets substantiels consacrés au soutien à l'innovation vers les maillons de la chaîne de l'innovation où le rendement de l'aide publique est le plus important.