Des actions devront être prises pour assurer la pérennité des établissements du réseau du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, dont celui de Trois-Rivières.

Pour l'amour de la musique

Les Beatles, Claude Dubois et David Bowie sur une même scène... ça se peut! Au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, le spectacle du Dream Team auquel nous avons eu droit en fin de semaine nous transportait dans des univers musicaux allant du jazz au rock'n roll en passant par le tango. Avec des dizaines de jeunes musiciens passionnés, talentueux, souvent multi-instrumentistes, qui ont offert aux amateurs trois prestations à guichet fermé.
Imaginez: ces jeunes de 14 à 22 ans ont consacré près d'une douzaine d'heures de leur samedi et dimanche à partager leur passion musicale avec un public curieux, ouvert et satisfait. Et ce, en dehors des cours et répétitions qui leur ont permis de préparer ce spectacle.
Je suis la mère de deux d'entre eux. Je sais combien ces élèves investissent de leur temps et de leur passion à évoluer dans leur art. Comme parents, nous sommes derrière eux chaque jour pour soutenir ces efforts. Et cette école qu'est le Conservatoire leur procure les ressources pour persévérer, tant dans l'enseignement personnalisé qu'ils y reçoivent que dans les multiples sources de motivation qui leur permettent de tirer le meilleur d'eux-mêmes.
La semaine dernière, Le Nouvelliste et d'autres médias ont soulevé des questions concernant l'avenir du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. La diminution des inscriptions et la baisse de financement qui en découle pourraient avoir des conséquences graves sur la scène musicale trifluvienne et même québécoise.
Cela devrait nous inquiéter, qui que nous soyons. Car si le Conservatoire forme en premier lieu des musiciens qui seront la relève des orchestres sur la scène classique, les musiciens qui passent par le Conservatoire se retrouvent aussi dans bien d'autres lieux qui nous touchent de près.
Ils composent, arrangent et interprètent la musique des films et séries que nous écoutons; ils enseignent la musique dans nos écoles; ils accompagnent des passages de la vie dans les mariages ou les funérailles; ils dirigent les chorales dans lesquelles nous chantons par pur plaisir; ils mettent le feu dans nos partys du samedi soir, du jour de l'An et de la Saint-Jean... et quoi encore?
Parfois, on connaît leur nom, parfois non, parce qu'ils sont membres d'un groupe ou qu'ils travaillent dans l'ombre. Mais ce sont des musiciens solidement formés tout simplement pour rendre notre vie plus belle.
Un Conservatoire comme celui de Trois-Rivières rend plus accessible, pour les jeunes de chez nous, la possibilité de développer leur talent et d'aller au bout de leur rêve. Et dire que la réalisation de ce genre de rêve nécessite de la rigueur et un travail acharné de la part des élèves comme des enseignants, c'est encore dire trop peu.
Sans ce Conservatoire, implanté depuis 50 ans dans notre région, de nombreux musiciens professionnels ne seraient pas là aujourd'hui pour nous faire profiter de leur passion musicale. Ni les jeunes musiciens artisans des spectacles du Dream Team ou ceux qui nous offriront, le 27 avril prochain, 50 ans de prouesses sur les airs du Cirque du Soleil. 
Pour l'amour de la musique, le nôtre autant que le leur, il faut soutenir la pérennité, chez nous, de cette institution. Et pour celles et ceux qui ambitionnent de nous représenter à l'issue de cette élection provinciale, candidats de tous les partis, il faut aussi s'y engager.
Jacinthe Lafrance
Trois-Rivières