Le débat qui touche les signes religieux, notamment le «hidjab» dans l’enseignement, a suscité un malaise et conduit à une levée de boucliers.

Pour conforter l’interdiction des signes religieux...

OPINIONS / Tandis qu’une forte majorité du peuple québécois accepte le principe de la laïcité telle que formulée dans la loi 21, le débat qui touche les signes religieux, notamment le «hidjab» dans l’enseignement a suscité un malaise et conduit à une levée de boucliers, notamment de la communauté musulmane. Alors allons-nous nous laisser influencer dans notre décision pour la laïcité à cause de la revendication du «voile» par certaines musulmanes abusées sur son port par certains imams soit fanatiques ou intégristes prétendant à tort que le port du voile est d’autorité divine? Tous les signes ne sont en général que des signes de reconnaissance entre individus; telles les épinglettes aux revers des vestons jusqu’aux couleurs des motards. En aucun cas, leur port n’apparaît comme des obligations divines.

Aussi la montée des femmes musulmanes aux barricades pour le port du voile islamique est-elle exagérée. Les employés du gouvernement ne représentent pas leur personne mais bien l’administration et, à travers elle, l’État. Il faut donc qu’ils ou elles soient neutres. Et c’est au nom de la neutralité de l’État que l’on demande qu’il n’y ait pas de signes religieux portés au travail par les employés de l’État.

C’est pourquoi il semble raisonnable qu’occuper un emploi dans la fonction publique comme représentant de l’État «laïque» ne concorde pas avec l’affirmation de ses croyances religieuses, ni avec le besoin de signifier son appartenance à un groupe, ni avec le souci d’afficher de manière ostentatoire sa dévotion, ni pour chercher du recrutement à sa cause!

D’ailleurs, un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le 14 mars 2017, estime qu’une entreprise peut interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux: «L’interdiction de porter un foulard islamique, qui découle d’une règle interne d’une entreprise privée interdisant le port visible de tout signe politique, philosophique ou religieux sur le lieu de travail, ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou sur les convictions». Cela veut dire que si pour garder son emploi dans la fonction publique et maintenir son indépendance financière comme femme, la loi demande d’enlever le foulard pendant les heures de travail, des légistes c’est-à-dire des spécialistes du Coran et de l’Islam conseillent d’enlever le foulard. Pourquoi donc refuserait-on d’enlever pour quelques heures par jour un vêtement pour se conformer au code vestimentaire d’un emploi?

L’ancien cheikh d’Al-Azhar, la prestigieuse institution sunnite du Caire, Mohammed Sayyed Tantaoui, avait dit que dans les pays où des lois interdisent le voile, les femmes musulmanes devaient se conformer à ces lois interdisant le voile même si la charia en fait une obligation. Il avait ajouté: «Si elle vit dans un pays non musulman (comme la France), où les autorités civiles adoptent des lois opposées au voile: «C’est leur droit le plus absolu». «Je répète: c’est leur droit et je ne peux pas m’y opposer», avait-il insisté, affirmant versets coraniques à l’appui qu’une musulmane qui se conforme à la loi d’un pays non musulman n’a pas à craindre le châtiment divin, car Allah affirme: «Quiconque est contraint, nul pêché ne lui sera imputé.»

À l’Institut européen des sciences humaines, Larabi Becheri, théologien de l’Islam qui forme les futurs cadres de l’Islam, répond aux questions des musulmanes qui ont du mal à vivre leur foi au quotidien. «Oui, vous pouvez l’enlever (le voile) si vous êtes dans le besoin de le faire, c’est-à-dire si cela est une condition pour vivre sans être gênée. Dans la jurisprudence le besoin fait loi. Donc, oui, vous pouvez travailler tout en retirant votre voile.»

Pour sa part, l’ancien Grand Mufti d’Égypte, Dr Ali Goma’a, interprète officiel du droit canonique musulman, affirme clairement: «Il est permis aux femmes de retirer leur hijab sur leur lieu de travail, si elles n’ont pas le choix». On note aussi cette position chez le cheikh Abou Oussama Bilibani et chez le Cheikh Mohammad Ibn ‘Omar Ibn Sâlim Bâzmoul, tous deux théologiens de l’Islam.

Somme toute et sans contredit, le devoir d’un immigrant et d’une immigrante, c’est l’adaptation aux mœurs de son nouveau pays, afin de s’intégrer et de trouver un emploi qui correspond à ses compétences!

Roger Greiss

Shawinigan

Point de vue

La place de la culture dans l’école: clé de voûte de l’avenir du Québec

POINT DE VUE / Nourris par l’effervescence de la rentrée et par l’enthousiasme des enseignants pour les activités du volet scolaire des Journées de la culture, nous prenons la balle au bond pour livrer le fruit de nos réflexions sur la place que devraient occuper, au quotidien, les arts et la culture dans les écoles primaires et secondaires du Québec.

Les études scientifiques le confirment : la pratique artistique et les compétences culturelles contribuent au développement de tous les apprentissages. Comme le cours Éthique et culture religieuse, qui inculque aux jeunes les valeurs de savoir-être, de respect de soi et d’acceptation de l’autre, les arts et la culture ont aussi un rôle fondamental à jouer dans la construction de la personne.

Toutefois, on remarque encore que les arts et la culture sont inégalement et souvent mal intégrés à la mission éducative de l’école québécoise. Bien que l’on observe des efforts louables — voire des initiatives héroïques! — de la part de nombreux enseignants, on continue trop souvent à considérer les arts et la culture comme un divertissement, une activité secondaire qui passera «après le reste», si on en a le temps et les moyens, deux denrées rares. Le rôle de «Passeur culturel» figure pourtant au premier plan dans le Référentiel de compétences professionnelles de la profession enseignante.

Heureusement, et pour la première fois dans l’histoire du Québec, les écoles ont désormais l’obligation d’offrir deux sorties culturelles gratuites à tous leurs élèves. C’est un pas immense, qu’il faut applaudir, tout en rappelant que l’intégration de la dimension culturelle à l’école doit aller encore plus loin! La culture doit trouver sa place au cœur des enseignements à tous les niveaux, dans toutes les matières et tous les aspects de la vie scolaire.

C’est ce que l’organisme Culture pour tous expérimente depuis trois ans, en partenariat avec 16 écoles primaires et secondaires de sept régions du Québec et avec l’appui du ministère de la Culture et des Communications. Actuellement en phase pilote, le réseau d’écoles culturelles Hémisphères est fondé sur l’intégration transversale de la culture dans le cursus scolaire, où elle ajoute pour l’ensemble des clientèles touchées une forte plus-value : développement de la créativité, motivation des élèves, impacts positifs sur les apprentissages et cohésion augmentée au sein des équipes-écoles, qui y voient une façon de renforcer et d’améliorer leur travail pour, ultimement, favoriser le plein épanouissement des jeunes.

Les sorties culturelles, les rencontres avec les artistes ou les mobilisations populaires sont autant d’occasions de constater la juste place que peuvent occuper les arts et la culture comme fondation des apprentissages. Lorsqu’ils apprennent à apprécier une œuvre, à entrer en relation avec elle, les élèves développent aussi l’empathie, l’ouverture à l’autre, conditions fondamentales du «vivre ensemble». Les œuvres artistiques sont des réservoirs de savoirs dont la fréquentation assidue favorise la capacité d’être présent au monde.

C’est au Québec, en 1961, qu’a été créé le tout premier ministère de la culture en Amérique. Quelques années plus tard, à l’époque du rapport Parent sur l’éducation (1964) et du rapport Rioux sur l’enseignement des arts (1968), le Québec a vécu une période effervescente de son développement. Aujourd’hui, nous sommes à une étape tout aussi cruciale de notre évolution. On s’apprête à vivre — et on vit déjà — des transformations radicales, notamment avec l’intelligence artificielle qui se déploie à vive allure. D’ici 2030, le milieu du travail sera complètement redéfini. Les compétences cognitives et socio-émotionnelles comme la curiosité, la créativité, l’imagination ou le leadership, sont et seront hautement recherchées.

En cette ère de mondialisation, la frontière est bien mince entre la richesse des contenus, auxquels les nouveaux canaux de diffusion donnent accès, et une cacophonie certaine qui peut, au contraire, rendre les jeunes encore plus vulnérables et entraîner une perte de repères.

La solution réside selon nous dans l’intégration pleine et entière de la dimension culturelle à l’école, permettant de guider les jeunes vers leur plein épanouissement. Il nous semble plus qu’urgent que la formation initiale (formation des maîtres) et l’offre de développement professionnel aillent en ce sens afin que les enseignants d’aujourd’hui et de demain possèdent et maîtrisent tous les outils et ressources nécessaires pour jouer pleinement leur rôle de passeurs culturels.

Opinions

Justin Trudeau raciste?

OPINIONS / Des nouvelles récentes, sous forme de courtes vidéos et de photos, ont montré Justin Trudeau, le premier ministre sortant, la figure noircie, portant des costumes dans des contextes de réjouissances variés, notamment une mise en scène des Mille et Une Nuits, recueil de contes arabes où évoluent un calife, les femmes de son harem, ses serviteurs noirs et d’autres personnages. Le même Trudeau s’était déjà montré costumé en Amérindien traditionnel, lors de fêtes chez les autochtones et pour des cérémonies. Lors de son voyage en Inde, il a eu la prévenance envers ses hôtes, et la candeur, de se vêtir en costume traditionnel indien, costume que les journalistes ont désigné par le mot «accoutrements», et caetera.

Pour un Canadien, ou tout au moins pour un Québécois comme moi, il paraît difficile d’associer la figure grimée de noir de Justin Trudeau au mouvement américain Blackface qui, paraît-il, consistait pour un «Blanc» à se travestir en «nègre» et, sous cette apparence, tourner en ridicule et en mépris la langue, l’anatomie, le comportement des Noirs.

Opinions

Urgence Cloutier-du Rivage: un changement pertinent

OPINIONS / L’auteur, Dr Olivier Roy, est médecin et chef du département de médecine d’urgence pour le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Il fut un temps où l’urgence Cloutier-du Rivage était essentielle à la population de Trois-Rivières. Il y a environ dix ans, 50 % de notre population n’avait pas de médecin de famille et peu d’endroits où consulter. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Actuellement, 88 % des résidents de Trois-Rivières ont un médecin de famille, les groupes de médecine familiale (GMF) se sont multipliés et le GMF-R (superclinique) a ouvert ses portes pour accueillir les personnes sans médecin de famille. La nouvelle clinique de proximité Cloutier-du Rivage, qui ouvrira ses portes en octobre, viendra selon nous compléter l’offre de service pour la population.

Opinions

À Trois-Rivières, une piscine n’est pas un caprice mais une nécessité

OPINIONS / En réaction à l’éditorial de Martin Francoeur intitulé «Et si on écoutait madame Normand?», publié dans notre édition du 18 septembre.

Merci de nous soutenir encore une fois dans nos revendications pour la construction d’une piscine municipale. Vos propos ainsi que ceux de madame Normand sont tellement justes.

Opinions

Vingt-deux heures d’attente avant de rencontrer un médecin

OPINIONS / Voici ce qui est arrivé il y a quelques jours à la salle d’urgence de l’hôpital de Shawinigan.

Une dame a attendu quelque 22 heures avant de rencontrer un médecin, soit durant la période du vendredi 13 septembre à compter de 11 h, jusqu’au samedi 14 septembre à 9 h. Quant à moi, je me suis présenté à l’urgence à 13 h. J’ai aussi attendu jusqu’au lendemain 9 h avant de rencontrer un médecin, soit une attente de 20 heures. Il en a été de même pour tous les autres patients qui ne présentaient pas une condition dite «critique».

Opinions

Une tribune locale pour parler d’international

OPINIONS / L’auteur, Daniel Landry, est vice-président du Comité de solidarité Trois-Rivières. Il s’exprime ici au nom des membres du conseil d’administration de l’organisme.

Le Comité de solidarité Trois-Rivières (CS3R) est implanté en Mauricie depuis près d’un demi-siècle (1973). Tout au long de ces décennies, il s’est efforcé de sensibiliser la population de la région à des enjeux planétaires cruciaux, de la dictature de Pinochet aux crises politiques en Haïti, en passant par l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990 et la crise climatique actuelle. Par l’entremise de lettres ouvertes fréquentes, de la chronique «Le monde vu d’ici» publiée le samedi à chaque deux semaines, ou simplement par la couverture des activités menées par le CS3R, Le Nouvelliste contribue à informer la population sur l’actualité internationale et ses impacts sur le quotidien des gens de la région.

Opinions

Droit à l’avortement: une victoire toujours fragile

OPINIONS / L’auteure, Véronique De Sève, est vice-présidente de la CSN.

Trente ans après que les neuf juges de la Cour suprême du Canada eurent donné raison à Chantale Daigle qui souhaitait, à l’été 1989, avoir recours à l’avortement malgré une injonction de la Cour supérieure du Québec lui interdisant de le faire, il reste encore du travail pour faire reconnaître pleinement le droit fondamental et inconditionnel des femmes de pouvoir disposer librement de leur corps.

Opinions

Un parfum de croyance

OPINIONS / Chaque campagne électorale amène toujours son lot de sujets que les candidats n’auraient pas souhaité inviter. La campagne électorale fédérale en cours, n’y échappe certainement pas. Depuis 1992, alors que chez nos voisins du sud le candidat George H.W. Bush lors d’un débat présidentiel l’opposant à Ross Perot avait été incapable de répondre à la question «How much is a gallon of milk?» (Combien coûte un gallon de lait?), les journalistes sont constamment à la recherche de la question embêtante, la mouche dans le lait, le caillou sur le rail qui ébranle la préparation des candidats aux conférences et mêlés de presse. L’idée est bien sûr de prendre en défaut ces derniers et de les dépeindre comme étant loin ou déconnectés des préoccupations de gens «ordinaires».

La question piège de cette année a été habilement suggérée par nul autre que le premier ministre du Québec, François Legault lorsque qu’il a demandé aux candidats de s’engager à ne pas contester la Loi 21. Une habile question négative, car on le sait, celles-ci sont toujours plus embêtantes que les questions affirmatives. D’ailleurs, les avocats en général raffolent de ces questions à la double, voire triple négative qui, lorsque vient le temps de répondre génère chez l’interrogé le même niveau de stress qu’une partie de tennis dans un champ de mines: «Oui ou non, n’avez-vous pas prétendu que vous ne saviez pas qu’il n’était pas chez lui le soir du 27?» – vous voyez le genre.

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Le 18 septembre, je lis la science!

OPINIONS / L’auteur, Félix Maltais, est fondateur des magazines scientifiques Les Débrouillards, Les Explorateurs et Curium.

À quelques jours de la venue de l’inspirante Greta Thunberg, sous le slogan «Unite behind the science», et de la grève pour le climat, la troisième Journée nationale «Je lis la science», ce mercredi 18 septembre, est plus pertinente que jamais.

Le monde de Jean Isabelle

Le monde de Jean Isabelle

Opinions

Et si on écoutait madame Normand?

ÉDITORIAL / La lettre de madame Françoise Normand, publiée mardi dans ces pages, avait quelque chose de touchant. Cette octogénaire de Trois-Rivières, adepte de natation et de baignade, se demandait comment il était possible que la Ville refuse de se pencher sur un projet de piscine intérieure publique. Sa voix s’ajoute aux milliers de personnes qui ont déjà signé une pétition à cet effet. Mais la Ville ne souhaite pas aller plus loin. Et c’est bien dommage.

C’est quand même ironique ce qui est en train de se produire à Trois-Rivières. La construction d’un colisée de 4400 places se poursuit, au District 55, avec en prime un délai de livraison et des dépassements de coûts. On n’a encore aucune idée de l’utilisation mais on construit. On nous dit que ça va être bon.

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Il a «aussi» fait beau à Saint-Élie cet été!

OPINIONS / On parle beaucoup des nuages qui, selon certains, se sont installés en permanence au-dessus de Saint-Élie-de-Caxton.

Personnellement, j’ai eu le plaisir d’animer «Cap sur Saint-Élie», une émission radiophonique hebdomadaire sur les ondes du 103,1 FM, la radio de la MRC de Maskinongé. Treize émissions entre la mi-mai et le 2 septembre dernier, où j’ai reçu plus d’une vingtaine d’invités en entrevue. Des gens impliqués dans la communauté caxtonnienne.

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Il faut apprendre à parler et à écouter

OPINIONS / Ouin, 19 août, 12 h... ça va rester gravé en dedans. Je viens de recevoir l’appel. Tsé le coup de téléphone qui ne commence pas par: «Hey, salut! Comment tu vas?». Non, l’appel qui commence par: «Val assis toi svp, j’ai de quoi à t’apprendre.» Tsé ce genre d’appel, qu’à l’instant même où la personne au bout du fil ouvre la bouche, le plancher s’ouvre sous tes pieds, pis y’a pas de cave, juste du vide. L’appel que tu écoutes, sans vouloir l’écouter parce que tout se bouscule trop vite dans ta tête. Les mots que tu ne veux pas croire parce que tu lui as parlé y’a pas longtemps et elle te disait être bien. Le genre d’appel que les mots que tu entends te transpercent le cœur à l’infini pis dans ta tête, tu culpabilises déjà en te disant, mais pourquoi je n’ai pas vu ça? POURQUOI?

Pourquoi encore en arriver toujours à cette fatalité du suicide? Pourquoi les gens en arrivent là? Pourquoi ne pas aller chercher l’aide dont ils ont besoin? Pourquoi ne pas en avoir parlé? Je ne vous cacherai pas que moi-même j’y ai déjà pensé plus d’une fois et j’ai même essayé... J’ai osé appeler un soir, où ils étaient censés m’apporter de l’aide, m’aider à gérer ma crise, me calmer, me faire verbaliser, me donner des outils. Non, la femme au bout du fil m’a dit qu’elle ne savait pas trop quoi me dire, que c’était juste une bénévole et de me présenter à l’urgence! J’ai eu de la chance ce soir-là d’avoir un ami qui passait dans le coin, par hasard, et qui s’est arrêté chez nous. J’ai eu la chance d’être extrêmement bien entourée et d’avoir l’aide dont j’avais besoin.

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Une menace pour l’avortement

OPINIONS / Chez nos voisins américains, les anti-avortements sont parvenus à faire élire dans certains États des républicains partageant leur vue. Le résultat, on le connaît: une véritable régression pour les droits des femmes à disposer de leur corps. L’accès à l’avortement y est devenu encore plus difficile alors même qu’il était déjà ardu de trouver une clinique dans certaines régions.

On pourrait se dire que tout cela est loin de nous, mais c’est faux. Le droit à l’avortement est également menacé au Canada. En effet, le Parti conservateur entretient un double discours avec d’un côté, le lieutenant pour le Québec, Alain Rayes qui prétend ne pas vouloir rouvrir le débat et, d’un autre côté, son chef, Andrew Scheer, qui affirme vouloir laisser ses députés déposer un projet de loi pour interdire l’avortement. Autrement dit, un discours en français pour les Québécois et un discours en anglais pour les autres. Devinez lequel est le plus honnête!

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Des moyens pour relever nos défis

OPINIONS / L’auteur, Jacques Demers, est président de la Fédération québécoise des municipalités.

L’Accord de partenariat 2016-2019 avec les municipalités est maintenant venu à échéance et l’adoption des budgets municipaux pour l’année 2020 fait en sorte que les municipalités doivent rapidement connaître les paramètres dans lesquels elles évolueront au cours des prochains mois et années.

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La vente de feu a débuté et on brade notre patrimoine

OPINIONS / Oyez, oyez, bonnes gens! Nous tenons une grande vente de feu. Venez en grand nombre faire une offre, nous bradons nos églises au bénéfice des plus offrants.

Récemment notre quotidien Le Nouvelliste, toujours à l’affût de la nouvelle, nous apprenait que l’église Saint-Pierre de Shawinigan avait été vendue au prix miraculeux de 40 000 $ à un promoteur qui a l’intention d’en faire un musée. Le prêtre responsable de ce chef d’œuvre du patrimoine religieux régional a fièrement déclaré que nous étions devant un miracle. Personnellement, j’estime que c’est plutôt une tragédie, un véritable drame. Brader cette église qui possède 26 vitraux réalisés par Guido Nincheri, trois autels en marbre d’Italie et un orgue Casavant relève de l’inconscience, de l’ignorance et pourquoi pas de l’incompétence pure et simple. Un seul des vitraux vaut plus que la somme obtenue et il en est de même de chacun des autels et de l’orgue Casavant.

Opinions

Un spectacle qui doit être repris

OPINIONS / Manon Brunet, Julie Massicotte et Fabiola Toupin nous ont charmé avec leur spectacle «Les Trifluviennes arrivent en ville», samedi soir à l’Église St-James. Ce spectacle mérite d’être repris l’été prochain dans une plus grande salle. La maison de la culture serait idéale.

Raynald Héroux

Opinions

Des mercis pour les employés

OPINIONS / Le communautaire avec ses idéologies, son positivisme et ses utopies qu’on change le monde avec de l’amour est souvent discrédité pourtant nous réussissons depuis fort longtemps à changer le monde une action à la fois. Ce même communautaire tissé de gens est plutôt dénigré comme milieu de travail car les salaires y sont souvent plus bas, les conditions de travail moins avantageuses, les opportunités d’avancements plutôt minces. Ce qu’ils ne voient pas avec leur vision externe et les calculs monétaires c’est la force de notre milieu. Le côté humain est priorisé chez nous.

Je veux souligner aujourd’hui l’implication et l’investissement humain des employés de La Maison de la Famille de Trois-Rivières ainsi que les anciens qui encore aujourd’hui, en cas de forces majeures, tendent la main afin que l’amour de leur travail et du milieu porte fruits auprès des familles de notre organisme.

Opinions

Duplessis: plus grand qu’on le croit

OPINIONS / Maurice Duplessis est mort le 7 septembre 1959, il y a 60 ans. Je trouve que les Québécois sont profondément injustes à son endroit en associant inconsidérément son œuvre à la grande noirceur. À cette époque, en 1936 d’abord et de 1945 à 1959 ensuite, c’était le progrès. Pas dans tous les domaines, bien sûr, mais on peut qualifier les gouvernements de Maurice Duplessis d’époque des infrastructures. Construction d’hôpitaux, de collèges, d’écoles, de ponts, de routes etc… Quand il n’y a pas d’hôpitaux, il n’y a pas d’assurance santé. Quand il n’y a pas d’écoles, il n’y a pas de ministère de l’Éducation. La révolution tranquille n’aurait peut-être jamais eu lieu si on n’avait pas insisté sur la nécessité d’avoir les infrastructures nécessaires. Ça nous fait rigoler aujourd’hui mais à l’époque c’était toute une entreprise que d’étendre de l’asphalte sur des chemins de terre. «Il va ruiner la province» disait l’opposition.

Au plan social, il faut retenir le crédit agricole, rendre l’électricité dans les campagnes pour sortir ces gens du Moyen-âge. Mais le développement social n’a pas été la grande force de Duplessis. N’oublions pas que le Québec stagnait sous les libéraux qui à l’époque étaient au pouvoir depuis 40 ans.

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Agir ensemble!

OPINIONS / Une mobilisation pour le maintien des différents quotidiens et hebdos s’exprime dans de nombreuses régions du Québec. Elle vient canaliser le besoin vital pour les régions de posséder des leviers propres à leur territoire.

J’étais présent, comme tant d’autres, au 5 à 7 tenu au Musée POP mercredi dernier à Trois-Rivières. Nous sommes nombreux et nombreuses à avoir été touchés par la prise de parole de la présidente régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et journaliste au Nouvelliste, Paule Vermot-Desroches. Elle a traduit un attachement viscéral à ce quotidien. Ses envolées étaient touchantes, senties et interpellantes.

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Le Nouvelliste: un compagnon de vie depuis mon enfance

OPINIONS / Je lis Le Nouvelliste depuis 78 ans. À cette époque, je crois qu’il n’y avait pas d’abonnement. Mon père nous envoyait tous les jours acheter Le Nouvelliste au petit magasin – une sorte de dépanneur – de Madame Bouthillier sur la rue Haut-Boc.

Le journal, au début des années 40, coûtait trois sous! Incroyable!

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Le temps de se faire entendre

ÉDITORIAL / Assistera-t-on, à Trois-Rivières, à une autre levée de boucliers de citoyens qui n’aiment pas se faire dicter leurs comportements individuels? Après l’abaissement souhaité des limites de vitesse en zone résidentielle et les nouvelles dispositions concernant l’utilisation de l’eau potable, voilà que la Ville s’apprête à aborder la question des plastiques à usage unique. Il était grand temps.

La Ville de Trois-Rivières annonçait plus tôt cette semaine qu’elle tiendra une consultation publique sur les plastiques à usage unique. De nombreuses villes et municipalités ont déjà adopté des règlements en cette matière, principalement en ce qui a trait aux sacs de plastique.

Opinions

Les quotidiens participent à l’essor de la francophonie

OPINIONS / Les auteurs sont Jason Luckerhoff, professeur titulaire en communication à l’UQTR prêté à titre de vice-recteur à l’Université de l’Ontario français, et Linda Cardinal, professeure titulaire à l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa prêtée à titre de chargée de mission pour le développement de la recherche à l’Université de l’Ontario français.

Les arguments des défenseurs des quotidiens sont nombreux et convaincants. La réorganisation récente des quotidiens régionaux, qui a provoqué une réduction de postes de journalistes, n’aura pas été suffisante pour leur permettre de survivre en raison des revenus publicitaires en chute libre. Les grands joueurs américains des GAFAM, tels Facebook et Google, sont les principaux responsables de cette chute des revenus publicitaires. Le site web de La Presse estime que ces derniers accaparent «80 % des investissements publicitaires numériques». Une aide gouvernementale est donc réclamée pour financer une information de qualité.

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Les faillites des régimes de retraite du secteur privé: le Québec peut mieux!

OPINIONS / L’auteur, Jean-Claude Bernatchez, est professeur titulaire en relations de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières

Les régimes de retraite ont deux facettes: d’abord les contributions de l’employeur et des cotisants, ensuite, les prestations versées aux retraités. Dans une économie de marché, si les cotisations des salariés sont déterminées, les prestations seront variables. A contrario, si les cotisations sont variables, les prestations seront déterminées. Dans un régime «à cotisations déterminées», les prestations ou les rentes fluctuent selon les résultats financiers. Dans un régime «à prestations déterminées», les contributions de l’employeur et des cotisants fluctuent selon les aléas de l’économie. Ainsi, les rentes sont mieux protégées.

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Mon Nouvelliste, j’y tiens!

OPINIONS / Je ne peux m’imaginer la fin de notre journal Le Nouvelliste. Impensable! Inacceptable! Intouchable!

Notre quotidien, avec lequel plusieurs d’entre nous avons grandi, nous a toujours bien servis, que ce soit dans la grande Mauricie, mais aussi dans les régions de Bécancour et de Nicolet-Yamaska.

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Le Nouvelliste, ciment de notre appartenance au territoire

OPINIONS / L’auteur, Donald Martel, est député de Nicolet-Bécancour à l’Assemblée nationale.

Au fil des ans, Le Nouvelliste ne nous a pas seulement rapporté la nouvelle. En parlant avec constance et pertinence de ce qui se passe chez nous et des gens de chez nous, il a contribué à faire en sorte que les citoyens s’identifient à leur coin de pays. Le fait que nous nous sentions intimement liés au sort de notre région et la réalité même de ce sentiment d’appartenance dépendent dans une large mesure de la présence de notre journal. S’il n’y avait pas eu Le Nouvelliste, s’il n’y avait pas eu ce quotidien entièrement consacré à être le témoin de notre vie collective régionale, autant en Mauricie que dans Nicolet-Bécancour, ce sentiment d’appartenance n’aurait pas la même force que celle qu’on connaît aujourd’hui. Peut-être même n’existerait-il pas.

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Et si c’était pour le mieux?

ÉDITORIAL / L’annonce de la conversion de l’urgence du centre Cloutier–du Rivage en une clinique interdisciplinaire où les services seront principalement offerts par une équipe d’infirmières praticiennes spécialisées n’est pas une grande surprise. Et cette solution pourrait bien être ce qu’il pouvait arriver de mieux pour ce centre de services du secteur Cap-de-la-Madeleine.

Ça fait des années que l’urgence de Cloutier–du Rivage est maintenue sous respirateur artificiel. Heures d’ouverture réduites, périodes sans médecin de garde en saison estivale, manque de personnel chronique, fermeture en soirée pendant certaines périodes, détournement des ambulances vers le centre hospitalier régional: tous ces symptômes laissaient croire qu’un jour ou l’autre, on allait revoir l’utilisation de ce centre de services et, du même coup, déployer de façon différente les services offerts.

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Lecteur, consommateur et payeur

OPINIONS / Quand on affirme que les annonceurs épongent une partie importante du coût de l’information, on oublie que c’est finalement toujours le consommateur qui paye. Aucune entreprise, aucun gouvernement, aucun marchand ne fait de la publicité dans les journaux ou sur le Web en payant de sa poche les frais de sa pub. La facture est toujours refilée aux consommateurs.

Les lecteurs consommateurs d’informations peu importe les médias paient toujours en double: l’abonnement ou l’exemplaire du média en tant que lecteur, et, en tant que consommateur de tout ce qui se vent et s’achète, la publicité qui s’y trouve.