Certains événements, comme l'attentat de Québec, amènent à réfléchir sur notre statut d'humain.

Plaidoyer pour notre statut d'humain! 

Bafoué est notre statut d'humain quand, fonctionnant en deçà de leur cerveau rationnel pensant, des êtres commettent des actes terroristes meurtriers!
Bafoué est notre statut d'humain quand, de manière tout à fait instinctive, le désir de tuer en retour s'empare des victimes de ces actes barbares et les fait eux-mêmes commettre des actes autant, sinon plus barbares!
Bafoué est notre statut d'humain quand, par instinct exacerbé d'appartenance à une culture religieuse, nous refusons à l'autre le droit de croire à un dieu ou à un autre, de ne pas croire du tout ou de douter, bref, de penser et de vivre autrement. 
Bafoué est notre statut d'humain quand nos actes ne tirent leur origine que de notre cerveau instinctif et émotionnel, cerveau que nous partageons avec nos frères du règne animal.
Je revendique donc haut et fort mon statut d'humain! Comment? En réfléchissant tout simplement! 
Nous ne sommes pas humains seulement à cause de notre appartenance à l'espèce humaine! Tout comme nous ne sommes pas sages seulement parce que nous sommes vieux. Devenir humain tout comme devenir sage est le fruit d'un long travail sur soi, d'un travail de maîtrise et de réflexion dont seul l'être appartenant à l'espèce humaine est capable à cause de son cerveau pensant qui s'élève de son front jusqu'au sommet de sa tête où se logent essentiellement son statut d'humain et son potentiel d'humanité.
Il n'y a aucun conflit auquel notre cerveau pensant et raisonnable ne peut trouver de solution juste et équitable. La seule limite vient de notre manque de maîtrise sur notre cerveau instinctif et émotionnel qui nous incite toujours à basculer dans le « tout ou rien non réflexif» dans le «qui n'appartient pas à la même famille que moi est mon ennemi» ou encore «pourquoi l'autre, pourquoi pas moi?», un cercle vicieux de non-pensée dans lequel nous nous retrouvons prisonniers de notre seul statut d'animal supérieur, mais sous-humain.
Je revendique donc mon statut d'humain en travaillant sur la maîtrise de mon cerveau instinctif et émotionnel grâce à mon cerveau rationnel et pensant. 
Je revendique mon statut d'humain quand, dans un premier temps, j'effectue une réflexion raisonnable sur moi, sur mon identité, sur qui je suis. Et quand, dans un deuxième temps, j'effectue une réflexion sur l'autre.
Je revendique mon statut d'humain quand «qui suis-je? et qui es-tu»? deviennent les deux questions fondatrices de mon humanité. Ne pas aller dans cette réflexion consciente et rationnelle, c'est perpétuer bêtement et inconsciemment mon statut d'animal instinctif et émotionnel qui, en dépit de son utilité évidente, active en moi des pulsions réactionnelles animales éminemment ineptes pour régir les relations complexes entre les humains de toutes cultures ou de toutes religions.
Une règle d'or universelle traverse l'histoire humaine depuis des temps immémoriaux et elle s'énonce comme suit : «Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi-même!».
En Occident, on a longtemps cru que cette règle était chrétienne, mais il s'avère qu'on la retrouve dans toutes les civilisations, dans des philosophies occidentales et orientales comme le platonisme, le confusianisme ou le bouddhisme, dans toutes les grandes religions monothéistes comme l'hindouisme, le judaïsme, l'islam et aussi dans de multiples écrits profanes, oeuvres littéraires ou contes de toutes origines culturelles. 
Je revendique donc mon statut d'humain en soumettant mon cerveau instinctif et émotionnel à une sérieuse réflexion sur LA RÈGLE D'OR! Cependant, ne faisons pas d'angélisme et soyons conscients qu'une sérieuse réflexion sur cette règle bien simple viendra mettre un grain de sable plutôt inconfortable dans nos engrenages instinctifs et émotionnels mis en place depuis des lustres dans notre cerveau réactionnel.
Au quotidien et dans les plus banales situations de la vie en société, nous serons confrontés à l'incohérence entre ce qu'on désire consciemment et nos réactions instinctives habituelles.
Comme les cerveaux instinctif et émotionnel «croient» avoir raison, il nous faut faire des efforts répétés de réflexion consciente (issues du frontal) sur nous et sur notre rapport à l'autre, pour arriver à dénouer ce noeud d'inconfort. Ce travail sur soi s'avère certainement long et très difficile, mais c'est la condition ultime et unique pour accéder à notre statut d'humains véritables. 
Je revendique mon statut d'humain en me délestant du caractère totalitaire de mes cerveaux instinctif et émotionnel alimentés par mes préjugés religieux, racistes ou égoïstes. Je revendique mon statut d'humain en me méfiant comme de la peste du tout ou rien: je suis le bien, l'autre, c'est le mal! 
Mes amis, notre statut d'humain ne nous est pas acquis. Il est à construire à l'intérieur de nous. Chacun et chacune d'entre nous est responsable, au jour le jour, de ce travail de construction intérieure. C'est la seule issue possible!
Heureusement, beaucoup de penseurs, anciens et contemporains issus de toutes les cultures et de toutes les sciences, nous alimentent de leurs réflexions sur leur propre quête d'humanité en soumettant leur cerveau instinctif et émotionnel à la gestion de leur raison! Écoutons-les! 
Aucun pouvoir extérieur, aucune loi, aucune réaction guerrière et aucune décision étatique ne nous conduiront vers l'humanité extérieure juste et fraternelle que la plupart d'entre nous souhaitent et dans laquelle l'autre, c'est moi et moi, c'est l'autre, comme le veut LA RÈGLE D'OR!
Jocelyne Harnois
Trois-Rivières