Piste cyclable et «Clique Zéro»

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / La piste cyclable du boulevard des Forges de la Ville de Trois-Rivières, avec son trottoir de 900 mètres en série de tapeculs pour vélo, cherche ses responsables. 

Ces temps-ci, mettre de l’argent dans une piste cyclable, et autres projets loufoques, trouvent sa genèse au conseil municipal, particulièrement de la Clique Zéro. Pour un service non essentiel, le rétrécissement en largeur de ce boulevard causera des problèmes de dégagement de neige, et de champs de vision durant l’hiver. Pour une activité estivale, peindre des simples lignes sur la chaussée et assurer une surveillance policière périodique ne coûterait pas assez cher pour la Ville.

Au contraire, la Clique entretient le gaspillage des ressources pour des infrastructures pratiquement inutilisables. Sans aucun doute, l’activité inspirée de la ZÉRO sent la sueur de plusieurs conseillers. À propos du trottoir russe, le conseiller de district du Carmel, Pierre Montreuil et cycliste lui-même, a avancé qu’il allait «s’assurer que les ingénieurs en prennent bonne note». Un instant! Les ingénieurs accomplissent les mandats selon les critères qu’on leur donne. Ils ne réalisent rien sans l’autorisation d’un dirigeant de la Ville.

Cher monsieur Montreuil, les ingénieurs prennent toujours des bonnes notes, et elles pourraient bien révéler les vrais enjeux que la Clique cause aux payeurs de taxes. Parlant de ZÉRO, on nous rappelle que le titre «Vision Zéro» n’est plus. Distraction! L’intention de réduire la vitesse à 40 km/h fonce toujours à toute allure dans plusieurs secteurs de notre ville. En combinant la basse vitesse et les nouveaux passages restreints, ces mauvaises idées causeront des accélérations et décélérations fréquentes, et des bouchons de circulation, donc une hausse significative d’émission de CO2, et plusieurs ne respecteront pas la limite de vitesse comme le projet de Beaconsfield à Montréal.

Récemment et loin du génie civil, la conseillère du district des Forges arrivait d’une autre planète pour s’approprier de la situation d’une jeune victime à vélo de la côte Richelieu. «Des millions de plus», réclame-t-elle, pour ses projets qui ne tiennent pas la route.

Les données de 2014 à 2018 du rapport annuel de la direction de la police de Trois-Rivières démontrent que seulement 0,6 % des 3810 victimes d’accident sont des décès. En bonus, Paule Vermot-Desroches du Nouvelliste rapportait dans son article du 1er décembre 2018, en tout respect aux défunts, que sur 21 décès sur six ans, 8 se sont produits hors route. Le reste de son article nous montre que la limite de vitesse n’est pas vraiment l’enjeu d’accidents graves.

On sait depuis longtemps que les causes fondamentales et significatives des accidents graves de la route sont liées aux comportements de conducteurs, ainsi qu’aux piétons et cyclistes téméraires. Au lieu de forcer des budgets sur des projets inutiles, qui n’impressionnent finalement personne, les conseillers municipaux de Trois-Rivières auraient dû prioriser ces fonds pour maintenir la qualité de services essentiels dont la Ville a la responsabilité: l’aqueduc, les égouts sanitaires et pluviaux, la voirie, le déneigement, la sécurité publique et la lutte contre les incendies, ainsi que les matières résiduelles.

Cette clique de Vision «nulle» ne maîtrise pas les vrais enjeux de Trois-Rivières. Pire, elle continue de profiter de la liquidité du gros coffre de nos taxes foncières pour se payer des fantasmes dogmatiques. Dans l’ombre de la pandémie, ce sombre épisode municipal tirera bientôt à sa fin.

Me permettant d’emprunter l’expression du conseiller Pierre Montreuil, les Trifluviens en prennent «bonne note» pour les élections de 2021 afin de mettre un «zéro pis une barre» sur cette clique irresponsable.

Claude Villemure
Trois-Rivières