Pénurie de main-d’oeuvre... des solutions existent

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Legault reste sourd aux arguments pour une hausse des seuils» écrit par la journaliste Caroline Plante et paru dans Le Soleil le 15 août

Afin de contrer les pénuries de main-d’oeuvre, d’une part, le premier ministre M. Legault suggère aux entreprises d’améliorer leurs conditions de travail dans le but de rendre leurs emplois plus attrayants, en terme de salaire notamment. D’autre part, M. Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat mise davantage sur l’augmentation du seuil d’immigration annuel actuellement consenti par le gouvernement. Mais ne serait-il pas insensé de chercher à résoudre des pénuries particulières de main-d’œuvre avec de fortes hausses des quotas généraux d’immigration qui pourraient se traduire par une augmentation du chômage en bout de ligne?

Là où le bât blesse, c’est la quasi-absence de données ou d’informations utiles en matière de pénurie de main-d’oeuvre, permettant de prendre des décisions éclairées à court, moyen et long terme. Dans quelle proportion la main-d’oeuvre québécoise disponible peut et pourra-t-elle répondre tous azimuts aux besoins du marché du travail? Du coup et en toute connaissance de cause, des objectifs établis et partagés de part et d’autre, répondraient mieux aux besoins prioritaires en tenant compte des coûts associés. Actuellement, chiffres à l’appui, personne ne remet en question les besoins criants dans notre système de santé (personnel infirmier et préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD). Mais dans quels autres secteurs d’activité y-a-t-il pénuries évidentes de main-d’œuvre et de quel ordre? Dans la construction, les transports, le secteur manufacturier, les TI, la phonétique, l’agriculture, la restauration, etc.?

Bien qu’il soit judicieux à court terme, d’offrir des formations par l’intermédiaire de programmes de bourses pour attirer des travailleurs tels des préposés aux bénéficiaires notamment, il importe d’attaquer la pénurie de main-d’oeuvre sous plusieurs angles : multiplication des mesures pour retenir les aînés en emploi, retour au travail de retraités moyennant plus de flexibilité et leur protection salariale, valorisation de la culture d’entreprise, flexibilité des conditions de travail davantage attractives, formation continue dans les cégeps et universités, fusion d’entreprises et partage d’employés, investissements dans le virage technologique (robotisation), et bien sûr le recrutement sélectif de travailleurs étrangers. Dans cette perspective, qu’en est-il de la Stratégie nationale de main-d’oeuvre 2018-2023, fruit d’une vision concertée des partenaires du marché du travail au coût de 1, 3 milliard $? Une Stratégie ciblée en fonction des priorités du marché du travail, connectée aux besoins réels et urgents et aux compétences et qualifications requises préalablement établies dans toutes les régions du Québec, afin de permettre aux entrepreneurs de trouver toute la main-d’oeuvre dont ils ont besoin.

Une Stratégie à revisiter et des mesures concrètes à mettre en œuvre, tel qu’annoncé en point de presse l’automne dernier, par M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale? Nous sommes rendus là.

La parole est à vous M. Boulet!