Un total de 1469 personnes se sont présentées à l'hôtel de ville de Trois-Rivières pour signer le registre contre le règlement d'emprunt de 53 millions $ pour un colisée.

Pas de pain mais des jeux

Mille quatre cent soixante-neuf citoyens de Trois-Rivières ont cru légitime de se présenter à l'hôtel de ville pour signer le registre contre le règlement d'emprunt de 53 millions $ pour un colisée dont on n'a nullement besoin.
Il en aurait fallu un peu plus pour soulever l'ire du dictateur. Cela me porte à me demander si je n'aurais pas dû en faire plus. Je me reproche de ne pas avoir pris le temps d'informer et d'inciter les gens sur les trottoirs du centre-ville à aller signer le registre. J'ai failli à mon devoir de citoyen...
Je suis moi-même allé signer le registre un peu à contrecoeur. Je me souvenais d'une fois où les citoyens avaient obtenu le quorum nécessaire pour une consultation populaire. Nous avions obtenu plus de 2300 signatures en 2012 contre le règlement d'emprunt pour le projet Trois-Rivières sur Saint-Laurent.
Or, il n'y a jamais eu de référendum à la suite de manoeuvres carrément antidémocratiques du maire et du conseil municipal. J'ai manifesté devant l'hôtel de ville. J'ai fait signer une pétition que j'ai remise à la ministre des Affaires municipales de l'époque, nulle autre que Nathalie Normandeau. Bref, j'ai dû avaler ma pilule à l'instar de tous ceux et celles qui se sont sentis floués par l'absence de démocratie à Trois-Rivières.
Le maire Lévesque a continué de gérer la ville comme s'il disposait d'un chèque en blanc pour quatre ans. Il y eut toujours moins d'espaces verts, toujours plus de béton, toujours plus de projets pharaoniques menés tout croche et tout de travers dans l'indifférence générale.
La loi municipale l'obligeait à tenir un registre pour ce règlement d'emprunt de 53 millions $. Avec ce qui s'était passé en 2012, vous comprenez qu'une bonne partie des opposants étaient carrément désillusionnés par cet exercice sensément démocratique.
- Qu'est-ce que ça va nous donner d'aller signer le registre? me disait-on. Le maire va encore déjouer la démocratie! Je comprenais leur désillusion. Elle est le produit pur et dur de l'absence de vie démocratique à Trois-Rivières. Moins il y en a, voyez-vous, moins on en demande.
On mène sa vie comme on peut en espérant de pouvoir mener sa barque en payant ses taxes et son pizzo. On se dit que tous les Trifluviens sont des mauviettes et on finit soi-même par en devenir une.
Trouver 1469 personnes pour signer ce registre relevait donc de l'exploit compte tenu de ces «circonstances exténuantes». Je m'attendais à moins de cent signatures. C'est dix fois plus que je ne l'aurais cru.
Il me vient alors ces paroles tirées de la Bible. C'est nul autre que Dieu qui s'entretient avec Abraham à propos de Sodome. C'est le verset 26 du chapitre 18 de la Genèse. Et cela va comme suit: «L'Éternel dit: ''Si je trouve à Sodome 50 justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d'eux.''» 
Des élections municipales auront lieu en novembre cette année.
Il n'est jamais trop tard pour se reprendre. Trois-Rivières n'est pas Sodome... Au moins 1469 justes devraient voter pour un changement à l'hôtel de ville. C'est suffisant pour me réjouir.
Pas de pain mais des jeux, ça ne peut plus durer.
Gaétan Bouchard
Trois-Rivières