Oublions le doublement de la 55

Parlant du refus du gouvernement de faire le doublement de l'autoroute 55 de Saint-Grégoire à l'autoroute 20, la directrice générale de la Chambre de commerce et de l'industrie du Centre-du-Québec, Madame Martine Pépin, disait récemment ceci: «On a une déception, mais on continue à travailler le dossier. Si on voit qu'il n'y a pas de développement à court terme, il y aura une autre action auprès des médias.»
Autrement dit, Mme Pépin nous dit que si les décideurs du gouvernement ne prennent pas la «bonne» décision de doubler l'autoroute 55, on utilisera les médias pour les dénoncer, faire de la pression médiatique.
Elle a même ajouté: «On va revenir là-dessus avec peut-être la sensibilisation des familles qui ont perdu des êtres chers. S'il faut cogner plus fort, on va cogner plus fort. Il faut se faire entendre.»
On croirait entendre un dur à cuire d'une équipe de hockey d'une ligue de garage en éliminatoires!
Considérer l'argent public au service prioritaire de l'industrie et du commerce au point tel de «cogner fort» contre le gouvernement par l'utilisation des médias; arnaquer le public et le gouvernement par des sentiments et de l'émotion: que faut-il penser de l'éthique de ces gens en matière de stratégie d'affaires? Mépris et indécence! N'est-ce pas là une forme de chantage et d'intimidation?
Le Québec et son coeur ont été particulièrement nantis depuis des décennies dans l'amélioration de leur réseau routier et justement dans ces artères entre La Tuque, le pont Laviolette et la frontière au sud de celui-ci. A-t-on vécu des cas graves de perturbations routières, en été comme en hiver, depuis toutes ces années fastes de construction de routes? Non; au contraire, ça s'est grandement amélioré.
Il y a actuellement au Québec des écoles complètement vétustes qui servent à instruire nos adultes de demain; ne vaut-il pas mieux investir dans notre jeunesse et la qualité de nos systèmes d'instruction, d'éducation et de formation avant de penser à «cogner fort» sur le gouvernement et le peuple afin qu'il fabrique de l'asphalte inutilement pour soi-disant sauver des vies?
Il est temps une fois pour toutes que la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-du-Québec cesse son discours émotif et revienne à la raison avec son projet insensé du doublement de la 55; si ces commerçants et industriels veulent sauver des vies, ils doivent prêcher par l'exemple, ralentir, et demander une limite de vitesse à 90 km/h sur ce tronçon certainement pas plus dangereux qu'une autre route nationale du Québec.
De plus, il répond très bien aux besoins économiques de tous les acteurs. Qui peut dire honnêtement le contraire?
François Champoux
Trois-Rivières