Yves Lévesque

Opportunisme de campagne électorale

En regardant l'actualité politique trifluvienne des dernières semaines, je me demande comment ne pas être cynique face à cet exercice démocratique qui nous ramène son cirque tous les quatre ans. À cinq mois des élections, le maire redécouvre, encore une fois, le bas du Cap. Profitant de l'actualité qui nous annonce la fermeture du Canadian Tire, il a tout à coup des projets plein la tête pour ce coin de la ville. Sans gêne et avec un opportunisme effronté, il mentionne sur toutes les tribunes qu'il discute actuellement avec des promoteurs pour un projet domiciliaire sur ce terrain.
Du même souffle, il en profite pour dire qu'il a beaucoup d'espoir d'annoncer de bonnes nouvelles concernant l'ancienne usine Aleris ainsi que sur la transformation de l'église Sainte-Maleleine. En lisant l'article de Mme Vermot-Desroches paru le 29 juin et qui rapportait les paroles du maire, j'ai eu l'impression de lire une parodie grossière. Espère-t-il sincèrement que les gens du Cap accorderont quelque crédibilité à ces propos? Combien d'élections espère-t-il gagner sur la revitalisation du terrain de l'usine Aleris?
S'il y avait vraiment une priorité politique accordée à ce dossier, il me semble qu'il ne traînerait pas sur la table depuis près de dix ans. Si M. le maire a vraiment des plans pour régler ce dossier, il serait grandement temps qu'il nous en fasse part parce que pour l'instant, quand il dit qu'il «discute avec des promoteurs», je me demande bien quel pouvoir il a réellement sur eux. Quand on voit le gazon pousser autour de l'église Sainte-Madeleine et le terrain d'Aleris devenir un dépotoir à ciel ouvert, je me questionne sur ses relations avec les promoteurs. Quel pouvoir a-t-il vraiment sur eux? À voir les dossiers qui traînent dans le coin, on ne peut que constater qu'il a beau jaser, ça ne fait pas avancer grand-chose.
Pour en ajouter, la goutte qui fait déborder le vase, dans cette même édition du 29 juin on aperçoit M. Lévesque nous annoncer le retour des Amuseurs publics, aux côtés des organisateurs de l'événement. Une édition exceptionnelle pour souligner les 25 années du festival. Encore une fois, il n'hésite pas à laisser miroiter un retour éventuel de cet événement à la population et aux organisateurs. À titre d'ex-candidate dans le district de la Madeleine, je vous confirme que lorsque j'ai fait du porte-à-porte il y a quatre ans, les gens n'ont pas oublié; ils se souviennent très bien que M. Lévesque a laissé tomber le festival, il l'a laissé se noyer sous un prétexte officiel d'un déficit d'exploitation. À ce moment, il n'a pas levé le petit doigt pour trouver des solutions. On n'était pas en période électorale à l'époque. 
J'espère sincèrement que les gens du Cap n'embarqueront pas dans cette mascarade opportuniste et éhontée. J'espère qu'ils voteront massivement pour des conseillers qui s'exprimeront pour eux et pour un maire qui aura vraiment à coeur la revitalisation du secteur.
Martine Clément
Trois-Rivières