L’auteur de cette lettre suggère de prendre le virage environnement en 2019.

On vire de bord?

D’entrée de jeu, je l’avoue. Je suis de la génération où l’automobile était tout. Le premier rêve que l’on avait à 16 ans, était d’aller passer son permis de conduire et de rapidement se procurer une première auto. Et oui, j’ai grandi dans une génération qui ne recyclait pas, qui jetait souvent sans penser à récupérer, qui surconsommait. Une époque où le débat sur l’environnement n’était pas un grand enjeu et encore moins les changements climatiques.

Pourtant, nous n’en sommes plus là. Seuls ceux et celles qui ne veulent pas voir pensent que l’on ne doit pas se préoccuper d’environnement et de changements climatiques. Bien sûr, on peut se fermer les yeux encore quelques années. Nous sommes dans la partie «riche» de la planète et les impacts, quoique clairement présents, vont prendre encore probablement quelques années avant de nous toucher plus fortement. Mais peut-on faire cela et regarder dans les yeux sans faillir nos enfants et nos petits-enfants?

Vous me direz oui, c’est bien beau tout cela JF, mais on a aussi des défis urgents à relever et on doit y faire face. Des personnes âgées dont on ne prend pas assez soin, des gens qui sont dans l’impossibilité d’avoir un revenu qui leur permet de vivre adéquatement, des entreprises dans certains secteurs qui n’arrivent que difficilement à recruter la main-d’œuvre nécessaire pour ne nommer que quelques-uns de ces défis. Certes, on doit travailler sur toutes ces questions majeures… mais pas en négligeant l’avenir de notre planète.

Mais que peut-on faire? Nous avons parfois l’impression que c’est tellement gros comme problème que nous sommes un peu démunis. Pourtant non. Premièrement, personnellement on peut et on doit modifier nos habitudes de vie. Penser plus transport actif (vélo, marche, etc.) et transport en commun plutôt que de se véhiculer seul dans notre automobile. Réduire notre consommation d’essence va dans le même sens. Pour ceux et celles qui en ont les moyens, aller vers les transports électriques. Récupérer, recycler, composter sont des choses à la portée de tous.

Mais la solution, même si elle débute par là, ne peut pas être qu’individuelle. Nos villes, nos institutions, nos gouvernements doivent mettre les bouchées doubles et faire bouger les choses. De par une collaboration des villes et des gouvernements, on doit en arriver à électrifier rapidement les transports en commun. Un nouveau code du bâtiment qui sera plus exigeant sur les nouveaux édifices construits afin d’économiser plus d’énergie sont des choses à portée de main. C’est, de mon point de vue, incompréhensible que la région de la Mauricie soit parmi les dernières régions à rendre disponible des systèmes de compostage pour l’ensemble des citoyens.

Nos villes, nos institutions, nos gouvernements vont bouger et se tourner dans cette direction si, et seulement si, les citoyens et citoyennes que nous sommes le demandent en grand nombre et fortement. D’ailleurs soulignons que la Ville de Trois-Rivières a adopté, le mardi 18 décembre dernier, une déclaration de principes (la déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique) qui va exactement dans ce sens. Nous ne pouvons que l’en féliciter mais le plus difficile est à faire, c’est-à-dire de transformer cela en gestes concrets.

On oppose souvent environnement et développement économique. Rien de plus faux! Par exemple, appliquer une logique de développement durable en développement économique c’est mettre, entre autres, l’accent sur l’achat local. Pourquoi ne fait-on pas plus pour l’achat local? Ce sont des projets réalisables et dans un délai rapide. La très grande majorité de nos entreprises ne demandent pas mieux que de prendre vraiment le virage environnemental mais ont besoin d’un soutien concret et effectif.

Voilà donc quelques idées et je suis persuadé qu’ensemble on peut en avoir bien d’autres! Alors go! On vire de bord et on prend le virage environnemental en 2019?

Ce serait une magnifique façon de se souhaiter collectivement une vraie belle année 2019!

Jean-François Aubin

Trois-Rivières