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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

On l’échappe belle... mais jusqu’à quand?

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ÉDITORIAL / Souhaitons que ça dure. Le plus longtemps possible. Mais la Mauricie et le Centre-du-Québec ne sont pas à l’abri d’un revirement spectaculaire en ce qui a trait à la progression des cas de COVID-19, comme celui qui s’est produit dans certaines régions et qui a forcé le grand triumvirat à tenir précipitamment une conférence de presse à 17 heures, mercredi.

Les conférences de presse de 17 h sont celles qui font le plus peur. C’est l’heure la plus grave.

Mais heureusement, le plus récent resserrement des mesures épargne la région sociosanitaire desservie par Le Nouvelliste. Ce sont les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de l’Outaouais, qui étaient revenues au palier d’alerte orange depuis le 8 mars, qui doivent maintenant repasser au rouge.

Un rouge un peu plus foncé peinture maintenant la Communauté métropolitaine de Québec, incluant Lévis, mais aussi la ville de Gatineau et la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Dans ces zones urbaines densément peuplées, des «mesures spéciales d’urgence», semblables aux restrictions qui prévalaient en janvier, y entreront en vigueur jeudi à 20 h et le resteront jusqu’au 12 avril.

En clair, tout ce qui n’est pas essentiel devra fermer. Même les écoles devront se remettre en mode télé-enseignement.

La conférence de presse annonçant ces mesures a été convoquée plus tôt dans la journée, ce qui témoigne de la vitesse à laquelle la situation liée à la pandémie évolue. Pas plus tard qu’avant-hier, Horacio Arruda disait qu’il n’y avait pas lieu de paniquer. En prévision du point de presse de mardi, le directeur national de la Santé publique mentionnait que Québec n’allait pas resserrer l’étau du confinement et allait maintenir ses allègements aux restrictions sanitaires.

Mais l’augmentation du nombre de cas de variants et les éclosions observées dans certaines régions ont fait mentir le Dr Arruda. Et il fallait certainement que le gouvernement soit vraiment inquiet pour en arriver là. François Legault voulait à tout prix éviter de «jouer au yo-yo» avec les mesures sanitaires.

Heureusement – et touchons du bois –, en Mauricie et au Centre-du-Québec, la situation semble sous contrôle. La région a même été citée en exemple par le premier ministre François Legault mercredi: les deux régions étaient passées en zone orange en même temps que la Capitale-Nationale ou Chaudière-Appalaches, mais la situation ne s’y est pas détériorée autant que dans celles-ci.

Le nombre de nouveaux cas en Mauricie–Centre-du-Québec demeure peu élevé. Ce qui préoccupe, depuis quelques jours, c’est la multiplication des petites éclosions. Il y en a maintenant dix-sept, six en Mauricie et onze au Centre-du-Québec. Elles touchent des milieux de travail comme des commerces ou des entreprises, ou encore des milieux scolaires ou de services de garde.

À ces données plutôt satisfaisantes, il faut ajouter le fait que la vaccination se déroule rondement dans la région. Jusqu’à maintenant, un peu plus de 71 000 personnes ont reçu une dose de vaccin, ce qui est dans la moyenne provinciale et canadienne.

Il y a deux grandes questions qu’on peut se poser. D’abord, combien de temps la région pourra-t-elle tenir le coup et échapper à un reconfinement plus sévère? Ensuite, quel impact aura, sur l’adhésion des Québécois aux mesures restrictives, le processus de confinement-déconfinement-reconfinement qu’on observe maintenant?

Il est là l’enjeu. L’équilibre entre les restrictions pour freiner la propagation du virus et la santé mentale des Québécois qui en ont plus que marre demeure très fragile.

La vaccination laisse entrevoir, disait-on, la lumière au bout du tunnel. Mais il semble bien que l’ampoule de cette lumière fonctionne de façon intermittente. Ou que quelqu’un lui a installé un gradateur. Les variations d’intensité de cette source lumineuse finiront par agacer ceux qui la regardent avec espoir.

Il faut juste ne pas lâcher. Et garder la région dans les exemples cités par le grand triumvirat.