L’auteur est en complet désaccord avec le fait que le conseil détermine lui-même le niveau de rémunération de ses membres.

On joue «la trappe»

OPINIONS / Qu’est-ce qui se passe en politique municipale par les temps qui courent? L’implantation de Vision Zéro pour la majorité des membres du conseil. Mais ils y consacrent un peu trop d’énergie, dont encore récemment deux journées dites de «consultation»... Alors qu’ils n’ont qu’à laisser aller nos rues à l’abandon comme on le constate présentement et bientôt, rouler au-delà de 20 km/h s’apparentera à une grosse prise de risques. Éviter de basculer dans un nid d’autruche, pour ne pas y laisser son driving shaft en plein milieu du boulevard Saint-Louis, ou de s’enfoncer dans un trou d’eau en même temps que son vélo, pousse notre vigilance à sa limite...

Un autre dossier majeur pour le conseil, c’est que ses membres veulent se donner une rémunération annuelle allant vers les 75 000 $. Eh oui! Pour y arriver, très simple: ils vont confier, si ce n’est déjà fait, l’étude de leur traitement à une firme privée. Dites-vous bien ceci: lorsque vous payez une firme pour réaliser une étude sur tel ou tel dossier, la firme va vous donner ce que vous voulez. On appelle ça de la business.

Je vous le dis tout net: vu que le conseil détermine lui-même le niveau de rémunération de ses membres, je suis en complet désaccord avec leur approche. Par souci d’intégrité, d’éthique, et surtout de respect pour les contribuables, je crois qu’une analyse de l’ensemble de leurs conditions de rémunération, si besoin était, devrait être confiée à un comité de «sages» ou reposer sur des normes établies par le ministère des Affaires municipales. Autrement, cette opération ne revêtira aucune crédibilité.

Pour ce qui est de la course à la mairie, les candidats semblent marcher sur des œufs pour ne pas déplaire ni aux fidèles de l’ancien maire ni à ceux qui croient que ce dernier avait obtenu un mandat de trop. En langage de hockey, ils jouent «la trappe». On propose des projets que l’on veut consensuels en même temps qu’on essaie de surfer sur le passé... Un candidat se présente même comme l’homme de la continuité alors que nous aurions tellement besoin d’une rupture! On le dit «accoté sur la gang du maire sortant». Ouf! En voilà un qui vient de perdre mon vote... Un autre s’affiche sur le chantier du nouveau Colisée avec une calotte du Canadien sur la tête. Alors que c’est un secret de Polichinelle que ce club ne mettra pas une cenne pour soutenir une équipe à Trois-Rivières. S’il y a quelque chose qui se passe au Colisée, dites-vous bien ceci: c’est nous, les citoyens, qui allons payer le trip du Colisée, comme on le fait pour l’Amphithéâtre.

Normalement, lors d’élections, on parle du futur que l’on entrevoit bien sûr! Mais aussi, on doit se prononcer sur le passé; tracer un bilan. Personne pour analyser ce passé: personne pour décrypter ces millions encore récemment dépensés pour le système de son et les pare-intempéries de l’Amphithéâtre, un organisme qui ne connaît paraît-il que des succès et qui vit pourtant encore sur le bras de la Ville! Combien verse-t-on annuellement au Cirque du Soleil pour être ici? Pourquoi construire un Colisée de 50 millions $ en périphérie au lieu du parc de l’Exposition en plein centre de notre territoire? Personne pour parler de toutes ces années de folles dépenses non plus? Personne pour mettre clairement un frein aux abus de salaires, d’allocations de dépenses et de primes mises progressivement à la disposition des membres du Conseil par et pour eux-mêmes au fil des ans? Dont un quart de million pour le maire sortant. On joue la trappe et surtout on se la ferme sur les dernières années...

Guy Godin

Trois-Rivières