Oléoduc Énergie Est: osons dire simplement NON

En avril 2015, nos élus trifluviens ont voulu montrer leur sens des responsabilités «citoyennes» en soumettant dix conditions à l'industrie pétrolière pour protéger nos sources d'eau potable.
Après plus de deux ans, selon le maire de Trois-Rivières (séance publique du 5 juin 2017), la compagnie TransCanada PipeLines Limited n'aurait pas encore répondu aux exigences de la résolution susmentionnée par la Ville pour le passage de l'oléoduc Énergie Est.
Dès lors, pour nous, citoyens concernés, ne serait-il pas juste et logique alors de simplement dire NON à la compagnie et à l'industrie pétrolière afin de prévenir des catastrophes qui mettraient à risque la santé et la qualité de vie d'une grande partie de la population mauricienne?
Ce n'est pas d'hier que des élites et scientifiques clairvoyants de toute la planète constatent l'augmentation des dégâts causée par une croissance industrielle immodérée, et l'exploitation irrationnelle des énergies fossiles.
De fait, l'alerte était donnée dès la naissance du Club de Rome en 1968: l'élaboration d'un rapport par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), «The limits to Growth» («Halte à la croissance? Rapport sur les limites à la croissance», 1972) fut le coup d'envoi d'une conscience écologique des humains.
Celle-ci s'est confirmée en pire en 1992 (rapport «Beyond the Limits») lorsque les analyses dévoilaient l'incapacité de la planète à répondre aux besoins de ses vivants: il y a 25 ans, l'humanité dépassait d'environ 20 % son empreinte écologique et la capacité de la Terre à se maintenir en bonne santé. Et en 2017, ce déficit atteindrait 75 %! 
Autrement dit, il nous faudrait une planète et trois quarts pour subvenir aux exigences démesurées des humains!
Malgré des faits incontestables de pollutions graves, certaines sociétés hyper consommatrices, comme la nôtre, ferment les yeux et foncent droit devant, dans ce mur bétonné de la fatalité! Pourquoi cette irrationalité?
Ce projet d'oléoduc Énergie Est est économiquement et écologiquement irrationnel; il augmenterait de façon importante la mauvaise santé, déjà très inquiétante, de notre planète. Conséquemment, nos élus doivent gouverner avec sagesse et, ainsi prévenir la déchéance de nos environnements de vie qui sont déjà dans une phase de non-retour à leur bonne santé d'antan!
La croissance soutenue doit se résorber vers un développement qui fait appel à la raison, car les coûts sociaux et environnementaux sont maintenant incalculables et exponentiels.
Réfléchissons et pensons à nos jeunes générations qui devront composer avec notre surconsommation et nos actuels déchets toxiques et tenter d'améliorer nos milieux de vie. Modérons la croissance; soyons raisonnables: l'air et notre eau auront bien meilleur goût et nous vivrons en meilleure santé. «Ne tuons pas la beauté du monde...»
Citoyens de la Mauricie et de la ville de Trois-Rivières, souvenons-nous que c'est pratiquement toujours par la clairvoyance du peuple que nos élus agiront finalement pour la conservation et l'amélioration de la qualité de nos environnements de vie. 
Les industries progressent vers plus de considération à l'environnement seulement par notre pression sociale; c'est elle qui éveille, fait respecter et protéger la vie pour réaliser des profits. Sans ce respect, ce n'est rien de moins qu'un suicide sociologique à petit feu.
François Champoux
Trois-Rivières