Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand

Nous n'avons que notre voix 

Lettre adressée au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.
Nous, villageois et campagnards du Comité de vigilance de Saint-Valérien, vous faisons parvenir la pétition que nous avons mise en ligne en août dernier, sur le site de pétitions citoyennes AVAAZ, et le nom de ses quelque 5000 signataires.
Nous ne disposons ni du temps, ni des moyens médiatiques et financiers pour nous opposer au puissant lobby pétrolier, pas davantage pour engager des dizaines de lobbyistes pour faire pression sur le gouvernement, votre ministère ou encore organiser des meetings avec vous dans quelque grand hôtel. Nous disposons uniquement de notre force morale et de la légitimation scientifique pour nous opposer au projet de loi 106.
Malgré notre manque de moyens matériels, le plus récent rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement nous réconfortait cependant dans la justesse de notre demande de retrait du chapitre IV relatif aux hydrocarbures dans le projet de loi 106.
De fait, dans ce rapport que vous auriez grand avantage à lire, les commissaires de l'ONU affirmaient la grande urgence de réduire encore de 25 % les émissions de GES afin d'avoir une chance de minimiser - non d'éliminer - les effets dangereux, catastrophiques dus aux changements climatiques.
Donner le feu vert, ici au Québec, maintenant et en connaissance de cause, à l'exploitation des hydrocarbures, donc nécessairement aussi au gaz et produits pétroliers issus du schiste, est complètement irresponsable!
En plus de quelques mesures iniques que le projet de loi 106 entend légaliser, et qui à elles seules justifieraient notre opposition, c'est avant tout un souci pour la protection de nos sources d'eau potable qui nous force à vous demander de ne pas conduire jusqu'à adoption à l'Assemblée nationale du projet de loi. De fait, le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection, datant à peine de 2014, ne protège pas ou très mal l'eau vitale, en qualité et en quantité, avec des distances séparatrices minimales nettement insuffisantes.
Vous, de même que M. Couillard, avez le pouvoir de ne pas rappeler le projet 106 après son examen en commission. Nous le demandons donc avec insistance. Nous réclamons que le gouvernement du Québec et le ministère que vous dirigez agissent et pensent en fonction du bien commun, pour aujourd'hui et pour demain.
Hugues Bonenfant
Comité de vigilance de Saint-Valérien
Saint-Valérien-de-Milton