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La langueur, décrite comme un sentiment lourd, morose, semble beaucoup résonner chez les gens ces temps-ci.
La langueur, décrite comme un sentiment lourd, morose, semble beaucoup résonner chez les gens ces temps-ci.

Notre santé mentale, parlons-en!

Georgia Vrakas
Georgia Vrakas
Professeure au département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières
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OPINION / La Semaine de la santé mentale (1) se déroule cette semaine, du 3 au 9 mai. La thématique cette année est #ParlerPourVrai. La campagne vise à nous encourager de nommer ce que nous ressentons, de ne pas fuir les émotions difficiles, de les exprimer pour nous aider à mieux les gérer.

Ceci m’amène au sujet de l’heure en santé mentale : la langueur (ou languishing en anglais). Celle-ci est décrite comme un état d’âme négatif, un sentiment lourd, morose. Ce concept semble beaucoup résonner chez les gens ces temps-ci.

En fait, la langueur se situe sur le continuum de la santé mentale dont je vous ai déjà parlé dans une autre chronique. À un bout de ce continuum se trouve la santé mentale languissante (caractérisée par de faibles niveaux de bien-être social, psychologique et émotionnel) et à l’autre, la santé mentale florissante.

Ici il est question de santé mentale et non de maladie mentale (ex. : troubles anxieux, dépressifs, etc.). Une personne peut donc n’avoir aucun diagnostic de trouble mental tout en ayant une santé mentale languissante. On peut alors avoir l’impression de ne pas bien aller psychologiquement sans toutefois être en train de traverser un épisode de dépression. Nos résultats de recherche sur la santé mentale positive chez les adultes durant la COVID-19 révèlent que la proportion de participant.e.s ayant une santé mentale languissante est beaucoup plus élevée (13,2 %) comparativement à ce qui a été recensé au Québec auparavant (1,3 %) (2). La situation actuelle est donc préoccupante.

Cependant, le fait de pouvoir donner un nom à ce cet état semble enlever un certain poids de nos épaules. De plus, le fait même qu’on en parle dans les médias aide à le normaliser. La Semaine de santé mentale soulève l’importance de nommer nos émotions et d’en parler. Et, comme on voit, cela semble être un besoin de la population présentement. Désormais, on peut se dire : «je ne suis pas seul.e à me sentir de même!».

Outre en parler et demander de l’aide, il y a des choses que nous pouvons faire pour nous donner un coup de pouce et avancer petit pas par petit pas vers une santé mentale florissante.

Cela peut sembler simpliste, mais il est important d’identifier nos facteurs de protection et y investir le plus possible. Des exemples de facteurs de protection sur lesquels on peut agir sont : la présence (même virtuelle) de notre famille et de notre réseau social; maintenir nos loisirs; adopter des saines habitudes vie. En faisant cela, nous pouvons renforcer notre santé mentale.

En tant que psychologue et personne vivant avec une maladie mentale, qui de surcroit traverse très certainement une période de langueur, je peux vous dire que je sens qu’il y a un mouvement qui s’amorce tranquillement, mais sûrement au Québec.

Je sens qu’il y a une plus grande ouverture des gens face à la santé et à la maladie mentale. Je vois qu’on en parle plus, plus ouvertement, et que les gens semblent davantage demander de l’aide. De plus, le gouvernement semble comprendre que la santé mentale fait aussi partie de la santé publique. Pour moi, c’est une des brèches de lumière qui a réussi à s’infiltrer dans la noirceur du tunnel de la pandémie et me rend plus optimiste pour la suite des choses. Pourquoi? Parce qu’on commence à considérer que la santé mentale est tout aussi importante que la santé physique. Parce qu’on commence à comprendre ce qu’est la santé mentale. Parce qu’on commence à avoir moins peur d’en parler. Parce qu’on commence à briser des tabous, à démystifier, à déstigmatiser. Pour toutes ces raisons, j’ai de l’espoir pour notre santé mentale collective.

Continuons à en parler. On ne lâche pas.

NOTES

1. Je suis vice-présidente du conseil d’administration de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) – Division du Québec.

2. Chez les 15 ans et plus.

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OUTILS

Pour accéder à la Trousse d’outils de la Semaine de santé mentale : https://mentalhealthweek.ca/fr/

Pour en apprendre plus sur la promotion de la santé mentale: 

https://qualaxia.org/themes-et-dossiers/

Si vous êtes suicidaire où l’un de vos proches l’est : 1-866-APPELLE

Service de clavardage numérique en prévention du suicide : www.suicide.ca