Nos gestes sur la route ont des conséquences

Ma lettre s’adresse à quelqu’un que j’ai croisé sur la route récemment...

Je ne sais pas qui tu es. Tout ce que je sais, c’est que le samedi 12 janvier dernier, un peu avant 11 heures, tu conduisais une petite voiture rouge sur l’autoroute 40 est, à la hauteur de Pointe-du-Lac, à Trois-Rivières.

Tu allais tellement vite que je n’ai pas eu le temps de te voir venir derrière moi, ni de remarquer quelle était la marque de ta voiture.

Qui je suis, moi? Je suis celui qui conduisait le Honda CRV que tu as failli envoyer dans le décor. Parce que quand tu m’as dépassé, tu étais tellement collé sur ma voiture qu’on aurait pu se passer un Kleenex d’un conducteur à l’autre!

Je ne sais pas ce que tu faisais en me dépassant. Texter, manger, changer de chanson sur ton téléphone ou sur ton lecteur CD, te maquiller, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que tu ne conduisais pas prudemment à ce moment-là, et que t’as failli causer un accident impliquant cinq personnes. Moi, mes deux enfants, et les deux personnes qui étaient dans l’auto qui te suivait, parce qu’elles auraient pu me rentrer dedans pendant que je zigzaguais en essayant de reprendre le contrôle de ma voiture.

As-tu eu peur? Peut-être. Mais si c’est le cas, ça n’a pas duré longtemps parce que quelques secondes après, tu avais repris ta vitesse folle.

Même si je roulais à 110 km/h, je t’ai perdu de vue dans le temps de le dire.

Je ne sais pas si tu as eu peur, mais moi, j’ai eu la chienne de ma vie.

Je vais juste te dire une dernière chose. Si tu ne changes pas ta façon de conduire, c’est une question de temps avant qu’on entende parler de toi dans les nouvelles; soit parce que tu seras accusé de conduite dangereuse ou de conduite dangereuse causant la mort, soit parce que tu auras causé toi-même ta propre mort.

Tu as le temps de changer tes habitudes avant qu’il ne soit trop tard.

Claude Boucher

Trois-Rivières