Le Mouvement Vert Mauricie s'inquiète du fait que depuis 2006, Parcs Canada permette l'utilisation massive, au parc national de la Mauricie, de la formule chimique de la roténone, qui est un piscicide neurotoxique visant l'éradication de tous les poissons, amphibiens à branchies, zooplanctons ainsi qu'une partie des insectes pour 13 lacs connus.

Non à la roténisation des lacs au parc national de la Mauricie

L'auteur, Patrick Rasmussen, est président du Mouvement Vert Mauricie.
Depuis 2006, Parcs Canada intervient directement sur la destruction de la biodiversité du parc national de la Mauricie en permettant l'utilisation massive de la formule chimique de la roténone, qui est un piscicide neurotoxique visant l'éradication de tous les poissons, amphibiens à branchies, zooplanctons ainsi qu'une partie des insectes pour 13 lacs connus.
Ces actions ont une incidence directe sur la perte d'intégrité écologique du parc national de la Mauricie. Les utilisateurs seront privés d'un écosystème riche et diversifié, permettant les activités en milieu naturel représentatif de l'écorégion mauricienne, telles que la marche, l'observation de la faune, la baignade, la pêche sportive d'une grande variété de poissons, etc. De plus, dû à un manque de transparence, les actions du parc national de la Mauricie lèsent les citoyens canadiens, en tant qu'utilisateurs, à l'accès à l'information. 
L'humanité vient d'entrer dans une nouvelle période géologique durant laquelle l'action de l'homme a de fortes incidences sur l'évolution de la planète (anthropocène), la sixième extinction de masse est en cours, un peu de cohérence écosystémique serait de mise par les dirigeants du parc national de la Mauricie, dont l'intégrité écologique s'effrite d'année en année.
On note en effet une inefficacité dans la gestion chimique des espèces dites «indésirables» au parc national de la Mauricie.
Les expériences passées de roténisation de lacs dénotent la persistance de 7 % des espèces «indésirables» postroténisation. De plus, des retraitements ont dû être effectués en 2012 au parc national de la Mauricie, pour un secteur situé près des lacs Bouchard et Benoit, précédemment traités en 2006. Des expériences menées aux États-Unis, quant à elles, nécessitent des retraitements dans un cycle de dix ans.
Les activités du parc national de la Mauricie s'inscrivent à l'encontre des enjeux internationaux au niveau de la protection de la santé publique de ses travailleurs/utilisateurs (parkinson, infertilité humaine et animale U.E.).
Selon le Mouvement Vert Mauricie, le fait de procéder à la destruction d'écosystèmes aquatiques complets et complexes, possédant une riche biodiversité, afin de favoriser la réintroduction d'une espèce endémique (présente) partout en Amérique du Nord (omble de fontaine ou salvelinus fontinalis), est inéquitable pour l'ensemble de la chaîne alimentaire et n'a nullement sa place en conservation.
Nous estimons également que le discours actuel de Parcs Canada est incomplet, inexact et comprend des incohérences scientifiques majeures: aucune mention d'espèces menacées d'omble de fontaine n'a été répertoriée au COSEPAC pour le territoire impliqué par le traitement. En faire une monoculture dans le parc national de la Mauricie vise uniquement à augmenter la disponibilité de l'espèce pour développer le marché récréotouristique.
Bien au contraire, nous croyons que le pêcheur/utilisateur aime avoir accès à une riche variété d'espèces, telles que la truite grise, la truite brune, la perchaude, l'achigan, le doré, etc. Ce qui nécessite le maintien du capital naturel présent au parc national de la Mauricie.
Il importe donc avant tout de laisser la nature trouver les solutions pour faire face aux éternuements climatiques et ruptures écosystémiques en cour.
Enfin, le Mouvement Vert Mauricie est propriétaire foncier d'une réserve naturelle dédiée à la protection de la tortue des bois (clempsys insculpa), située dans une zone tout juste en aval du parc national de la Mauricie. Et, à ce titre, nous estimons que nos efforts de conservation sont mis en péril par la mauvaise orientation dans la gestion du parc national de la Mauricie.
Il est fini le temps des apprentis sorciers qui éradiquent la vie de vastes écosystèmes aquatiques dans des laboratoires à ciel ouvert, afin de favoriser le rétablissement d'une monoculture d'espèce endémique (présente) partout en Amérique du Nord.