L'abolition des frais accessoires pourrait sonner le glas du travail des infirmières en pharmacie.

Ne touchez pas aux services infirmiers en pharmacie!

Lettre adressée au député de Trois-Rivières à l'Assemblée nationale, Jean-Denis Girard.
Je fais appel à vous car après l'annonce de l'abolition des frais accessoires du ministre Gaétan Barrette mon emploi est menacé. Je suis infirmière en pharmacie à Trois-Rivières. Nous sommes une équipe de six infirmières qui avons à coeur notre travail. Malheureusement, les coupures annoncées compromettent l'avenir de nos services.
Nous sommes des infirmières qui avons à coeur notre travail et aussi le bien-être de nos patients.
Notre travail consiste entre autres à faire des prélèvements sanguins. Malheureusement, ce service est menacé par l'annonce de l'abolition des frais accessoires, ce qui fait que la majorité de notre travail sera ainsi aboli, par conséquent nos emplois également.
Les clients que nous avons ont toujours été informés des frais de prélèvement ainsi que de la possibilité d'avoir le service gratuitement à l'hôpital; cependant ces gens viennent nous voir car pour la majorité ce sont des travailleurs, des professionnels qui veulent manquer le moins possible de travail ou même des personnes âgées qui évitent les hôpitaux en raison des virus qui s'y trouvent.
Ces gens aiment la rapidité du service ainsi que l'accueil et l'écoute que nous leur donnons, c'est leur choix à eux de payer pour un service de prise de sang. Alors pourquoi les priver d'un service pour lequel ils sont satisfaits? 
Au-delà des prélèvements sanguins, nous sommes formés en vaccination selon le Protocole d'immunisation du Québec pour la vaccination voyage et tous les autres vaccins, mais encore là le service est menacé. 
Nous avons beaucoup de patients qui ont des injections de médicaments nécessaires à leur santé, pourrons-nous poursuivre ce service? 
Nous sommes également disponibles afin d'offrir des consultations à la population ayant des problèmes de santé, alors régulièrement, en travaillant en collaboration avec nos pharmaciens et pharmaciennes, nous leur évitons une consultation chez leur médecin de famille ou à l'urgence, car à Trois-Rivières, encore beaucoup de gens n'ont pas de médecin de famille. 
Nous ne sommes pas des infirmières accessoires, nous avons un coeur et si nous avons choisi ce métier c'est parce que nous aimons prendre soins des gens. Malheureusement ces coupures menacent nos services et compromettent aussi la qualité des soins que la population peut encore recevoir en pharmacie.
Il arrive également que des personnes âgées soient heureuses de venir nous rencontrer car nous sommes, parfois, les seules personnes qu'elles voient dans leur semaine. Je trouve vraiment aberrant ce que le ministre Barrette veut faire avec les services en pharmacie.
Cela fait maintenant trois ans que je travaille en pharmacie. Je me suis tournée vers les pharmacies car après 13 ans passés au CHRTR, j'étais tellement malheureuse des conditions de travail que j'ai fait une dépression majeure. Aujourd'hui, je suis heureuse de faire mon travail avec une équipe de pharmaciens, de pharmaciennes et d'infirmières formidables.
M. le député, aidez-nous à conserver les services en pharmacie. Je souhaite que cette lettre se rende au bureau du ministre de la Santé et que celui-ci change le cours des négociations en laissant les services en pharmacie tels qu'ils sont présentement.
Je parle en mon nom mais aussi au nom de toutes les infirmières en pharmacie qui sont comme moi inquiètes de l'avenir de nos services. Si les services sont abolis que deviendrons-nous? Pour ma part, monsieur le député, il est impossible de retourner travailler en milieu hospitalier.
Si les services en pharmacie sont abolis, alors je serai peut-être la personne qui vous donnera un panier dans un commerce à grande surface au lieu de soigner la population et d'aider à désengorger les hôpitaux.
Marie-Josée Hamelin
Infirmière en pharmacie
Trois-Rivières