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Ne me laissez pas mourir, j’ai encore des choses à vous dire…

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / Ce titre, toujours en veilleuse, renaît de ses cendres d’un de mes cahiers d’écriture à la lecture du texte d’opinion de Guy Godin dans votre édition du 6 février dernier «Pile ou face….aux soins intensifs» et de celle du 13 février de André Désilets, «Big Brother est à nos portes».

Ces deux textes d’opinion rejoignent tout à fait la mienne puisque vieillir, disons-le clairement (mot d’actualité, servi à toutes les sauces ad nauseam depuis quelque temps), les personnes de 65 ans et plus et même moins, selon leur état général de santé au regard des scientifiques, bioéthiciens américains ou gestionnaires de la santé, seront sous leur loupe puisqu’ils auront le devoir dans un avenir rapproché, et ce, selon une grille savamment élaborée, l’autorité de déterminer la case de celui ou celle d’entre nous, sur une échelle de 1 à… 10 à 12 ou à 20, peu importe, le nom (ou devrais-je peut-être dire le numéro) de celui ou celle qui remportera le gros lot de la vie, rien de moins! Tout cela en considérant que même une phase terminale peut être réversible.

Comment alors peut-on mettre au rancart les 65 ans et plus, ces mêmes personnes qui à cet âge ont toujours des désirs, des rêves, des loisirs, et ce, malgré toutes les petites carences physiques qui s’installent insidieusement pour se réveiller un matin en leur procurant des douleurs un peu plus irritantes mais qui font partie de l’évolution du corps et de la vie tout court?

Combien de personnes de 65 ans et plus sont encore sur le marché du travail, siègent sur des conseils d’administration, multiplient leur présence en bénévolat de toute sorte? Et, même encore dans ces secteurs, si vous avez atteint ce chiffre magique de 65 ans… sur certains conseils, je dis bien certains, ce serait gênant de les nommer ici, l’on vous invite gentiment à vous retirer. Retirer de quoi au juste? Serait-ce que votre perspicacité, votre maturité, votre jugement et votre intelligence se sont altérés le jour de votre anniversaire? Déjà cette discrimination était installée depuis plusieurs années.

Or, est-ce qu’une vie vaut plus qu’une autre? Non, tout simplement pas. De quel droit peut-on s’insurger dans une grille froide, sans cœur et sans âme? Que connaît-on des profondeurs des êtres humains qui sont alités l’un à côté de l’autre dans cet univers des soins de la santé? Lequel peut affirmer haut et fort que telle ou telle personne ne reviendra pas à un état de santé que nul ne pouvait imaginer nonobstant toute la science intégrée, infuse ou diffuse de nos plus grands savants de la planète?

Nous avons déjà vu des êtres plongés dans un profond coma se réveiller après une période d’inertie et reprendre une vie normale. Nous connaissons aussi le phénomène des portes tournantes d’un centre hospitalier.

Peu importe l’âge chronologique de l’être humain, l’amour, les passions, les rêves, le courage de vivre et le bonheur de savourer tous les jours le seul fait d’être en vie malgré les vicissitudes appartiendront toujours à ceux qui désirent poursuivre leur vie ou de la cesser si tel est leur choix.

Mais que l’on décide pour moi, cela NON car, ne me laissez pas mourir, j’ai encore des choses à vous dire…

Céline Tessier
Trois-Rivières