La Cabane chez Nathalie

Ne baissez pas les bras devant la CPTAQ!

Mme Nathalie et M. Guay,

Vous baissez les bras facilement! D’autant que votre cible n’est pas la bonne.

Les mairies du Québec sont terrorisées par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) qui, elle, l’est par l’Union des producteurs agricoles (UPA). Votre cible c’est la CPTAQ et son ombre l’UPA. Vous prenez l’ordonnance de la CPTAQ comme vérité. Il faut voir plus loin. Si Brossard a le Quartier DIX-30, d’une valeur de plusieurs milliards, c’est que le maire Leduc n’a pas plié devant la CPTAQ qui avait rejeté le projet pour la culture des radis.

La CPTAQ a mission de sauvegarder le Québec agricole pour les générations à venir. Bien abritée sous une si belle mission, cette commission s’arroge des pouvoirs qu’elle n’a pas. Plusieurs de ses décisions sont de grossiers abus de pouvoir. De plus, leurs raisonnements reposent sur l’hypothèse que la terre s’évapore lorsque l’on bâtit dessus. Sous le DIX-30, toute la planète est encore là. Si les prochaines générations se meurent faute de radis, elles pourront y retrouver une belle terre bien fertile. Toute restée là.

Soyons sérieux. Appartient-il à une commission agricole de trancher entre un chansonnier et le jeu de karaoké?

La CPTAQ refusait depuis toujours les rassemblements type Moyen-Âge. Elle avait refusé la demande de la Municipalité de Béthanie en 2004. Sous la pression, le commissaire Rinfret a modifié le tir pour permettre ce jeu de rôle du Moyen-Âge européen, car il est souhaitable que les adolescents puissent tenir ces rencontres en milieu agroforestier. Mais le projet est changé au complet: l’espace coupé de 90 %, pas de camping, pas de casse-croûte, pas d’hébergement, pas d’installations permanentes, pas de sanitaires, stationnement pas de fond stable en pierre, etc. Ce n’est plus le projet des entrepreneurs, c’est celui de l’UPA pour ne pas nuire certains samedis soir d’été aux 30 vaches (nombre exact) bêlant autour.

Il est clair que cette autorisation est piégée et qu’en réalité, c’est un refus sournois. La rentabilité du projet n’est plus là. Aucune considération n’est accordée à l’initiative entrepreneuriale et au potentiel économique du projet. Personne du milieu économique, socioculturel ou loisir jeunesse ne siège à cette commission qui est toujours en contact obligé avec l’UPA. Pourquoi l’UPA et non les représentants des autres citoyens de cette nation?

Il est devenu du ressort de la CPTAQ de redéfinir notre vocabulaire: un événement, un jeu de rôle, un spectacle, etc. ce sont eux et leurs inspecteurs dans les municipalités qui savent cela. Les autres citoyens, non.

Les ordonnances de cette commission sont outrancières par rapport aux pouvoirs réels qu’elle détient. Elles doivent être soumises à révision par la Cour supérieure et jusqu’en Cour suprême pour que ces commissaires fassent la différence entre préserver l’agriculture et ne rien changer à rien si une vache ou un épi de maïs risque d’être un tantinet et même beaucoup dérangé.

Jean-Yves Ferland

Club Ravage

Saint-Samuel