Meunier, réveille!

On a suivi avec intérêt cette proposition soulevée par René Beaudoin de réanimer le moulin à farine qui est endormi depuis des lustres sur les terrains de l'UQTR. Et, comme le soutient Luc Bureau, peut-être croyons-nous que ça coûterait les yeux de la tête (pour employer une expression de ma vieille mère) de déménager et d'équiper cette structure avec toute la quincaillerie nécessaire à son fonctionnement.
Quoi qu'il en soit, on doit saluer ces pages d'opinions du Nouvelliste qui s'avèrent être encore une fois ici une sorte de place publique régionale sans égal où se manifestent les avis, se confrontent les idées de tout un chacun.
Alors, connaît-on la comptine «Meunier, tu dors»? Eh bien, disons «Meunier, réveille» (ou meunière) dans ce cas-ci et invitons des gens férus d'histoire à se faire ni plus ni moins que des transmetteurs des us d'autrefois; à se faire panneaux d'interprétation vivants pour nous raconter le blé, la farine et le pain quotidien de jadis.
Et pourquoi ne pas, en même temps, nous doter d'un moulin à farine, mais en carton pâte cependant? En bric à brac! Ce serait ainsi beaucoup moins dispendieux que de s'attaquer à la charpente originale et tout aussi éducatif probablement... Car quel est l'objectif? Nous restituer le passé, ce grand inconnu, ce mal aimé? Ce «truc à touristes» aussi pourtant et qu'on ne doit pas négliger de soigner.
D'ailleurs, notre cher René Beaudoin s'avère être le modèle à imiter pour le meunier (la meunière) à dénicher. Il y a près trente ans (si je ne m'abuse), celui-ci commençait une fructueuse carrière de fondeur de cuillères sur les places publiques; un succès considérable. Il était des plus pittoresques! Et avec trois fois rien!
Somme toute, ne mettons pas d'argent dans les pierres; investissons dans les animateurs/animatrices de l'autrefois. Soumettons la matière grise au service des traditions disparues.
Réjean Martin
Trois-Rivières