Mariannick Mercure avait-elle raison?

OPINION / Est-ce que Mariannick Mercure avait raison d’interpeller Yves Lévesque comme elle l’a fait lors de la Marche pour le climat? Je vais résister à la tentation de dire oui, car j’ai déjà subi personnellement de la part de l’ex-maire une attaque verbale indigne d’un élu municipal à l’endroit d’un citoyen. Mais je dois plutôt reconnaître qu’elle n’avait aucun droit de dire à qui que ce soit qu’il n’était pas le bienvenu à cette activité. Il s’agissait d’une marche publique partant d’un lieu public. Elle n’était donc pas chez elle et n’était ni l’organisatrice ni la responsable de l’accueil des participants.

Un tel manque de jugement et de civisme, appuyé par son cameraman, Denis Roy, un soi-disant «spécialiste» en communication, me sidère. Elle aurait pourtant pu approcher poliment et surtout plus discrètement Yves Lévesque pour lui exprimer son étonnement de le voir assister à une telle activité, lui qui s’est toujours montré insensible à quelque préoccupation environnementale.

Le maire démissionnaire présente en effet un bilan déplorable en la matière: instigateur d’immenses îlots de chaleur avec les stationnements attenants à l’Amphithéâtre et au Colisée, grand promoteur de la disparition d’espaces verts dont le chaos urbanistique formé par Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent, et la construction d’un aréna en plein cœur d’un quartier résidentiel en lieu et place du Boisé des Plateaux.

Mais la tache la plus noire à son dossier, à mon avis, reste ce contrat de dupes passé il y a quelques années entre la Ville et Talisman Energy pour recevoir des dizaines et des dizaines de camions citernes venant vider les cocktails chimiques provenant des résidus de la fracturation du gaz de schiste et les déverser à Sainte-Marthe-du-Cap dans les bassins de traitement des eaux usées domestiques.

Yves Lévesque avait alors déclaré avec enthousiasme: «Des contrats comme ça, j’en prendrais à tous les jours». Alors que des municipalités où se pratiquait la fracturation hydraulique avaient refusé de traiter les résidus, et sans que la Ville de Trois-Rivières n’ait au préalable validé sa capacité de traiter ces eaux provenant d’une recette chimique secrète, alors qu’il fut établi plus tard que les systèmes municipaux de traitement des eaux n’étaient absolument pas conçus pour traiter adéquatement ce type de boue.

En fait, si la présence d’Yves Lévesque à une Marche pour le climat reste tout à fait incompréhensible, il faut toutefois reconnaître une véritable cohérence chez lui, soit qu’il est parfaitement à sa place au sein du Parti conservateur du Canada.

Guy Godin

Trois-Rivières