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Dans le monde du logiciel, deux types de licence existent: le Copyright, qui protège les droits de l’auteur et donc les codes de programmation, et le Copyleft.
Dans le monde du logiciel, deux types de licence existent: le Copyright, qui protège les droits de l’auteur et donc les codes de programmation, et le Copyleft.

Logiciel libre: la coopération plutôt que la compétition

Jean-Yves Proulx (Collaboration spéciale)
Comité de solidarité/Trois-Rivières
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Les environnements Windows et Mac OS sont bien connus, Microsoft Office et Google Chrome, tout autant. Par contre, lorsqu’on parle d’Ubuntu, de LinuxMint, de Fedora, d’Apache, de LibreOffice... il y a de fortes chances que des yeux s’écarquillent.

Les premiers sont des logiciels propriétaires protégés par Copyright et dont les codes de programmation sont jalousement protégés: concurrence oblige. Les seconds sont des logiciels libres, protégés par Copyleft ou Creative Commons et dont les codes de programmation sont accessibles à tous. Deux philosophies diamétralement opposées: le secret de la concurrence, le partage de l’information.

Le Copyright protège les droits de l’auteur et restreint les droits de l’utilisateur. Le Copyleft reconnaît les droits de l’auteur, mais garantit les quatre droits suivants aux utilisateurs: utiliser le logiciel sans restriction, en étudier les codes de programmation, les modifier pour l’adapter à ses besoins et le redistribuer. Par voie de conséquence, si un utilisateur veut distribuer sa modification d’un logiciel sous Copyleft, il est tenu de le faire sous cette même licence.

Pour reprendre les termes de Philippe Rivière, voici ce qui fait la force des logiciels libres: «la publication des résultats et des sources y est permanente, la discussion ouverte et débarrassée de contraintes de secret, la reconnaissance par les pairs se fait sur la base du mérite et de la compétence, au sein d’une «communauté» mondiale d’individus coopérant librement en fonction de leurs affinités.»

Le logiciel libre permet ainsi un accès libre aux connaissances, aux quatre coins du monde. Wikipédia en est une excellente illustration: un accès libre aux connaissances, et ce, en plus de 270 langues, et plus d’un million d’articles en français. Le site participatif est ainsi le cinquième site le plus visité au monde, et attirait 1,7 milliard de visiteurs uniques par mois en novembre 2020.

Lors du dernier Sommet de la Francophonie à Kinshasa, parmi les recommandations émises lors de cette rencontre figure un encouragement très clair au partage libre des connaissances et évidemment, une incitation à utiliser les logiciels libres. En 2012, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, encourageait également les administrations publiques françaises à adopter les logiciels libres.

Mais ces logiciels sont-ils aussi fiables que les logiciels propriétaires? En 2019, Apache, logiciel libre, était le plus populaire des serveurs web. Le Département de la Défense des États-Unis d’Amérique utilise GNU/Linux « L’U.S. Army est «le» plus grand parc unitaire Red Hat Linux» et la flotte sous-marine nucléaire de l’US Navy fonctionne avec GNU/Linux. Des virus sous Linux? On explique souvent leur quasi-inexistence par le nombre restreint d’utilisateurs, rendant par le fait même moins attrayant la conception de virus. En fait, les codes étant ouverts, «il est généralement peu utile d’installer un antivirus sous un système d’exploitation GNU/Linux, dans le cadre d’une utilisation du type «ordinateur personnel». Le risque zéro n’existe cependant pas, mais les antivirus ne vous aideront pas plus pour autant.»

Mais alors, comment expliquer que l’on continue à utiliser les logiciels propriétaires si leurs pendants libres sont gratuits? Poser cette question, c’est sous-estimer la puissance du marketing. Et ce marketing, ce sont les utilisateurs qui le paient lorsqu’ils achètent leurs logiciels.

À l’heure où font rage les débats autour de la propriété intellectuelle, et notamment celle des brevets sur les vaccins, rappelons qu’en 1955, Jonas Salk, le créateur du premier vaccin contre la poliomyélite, avait refusé qu’il soit breveté: «le brevet doit appartenir au peuple» avait-il répondu à un journaliste. Serait-il sage que la santé financière d’une entreprise puisse avoir priorité sur la santé de millions d’êtres humains?

Pour en savoir plus à ce sujet: visitez le cs3r.org ou suivez-nous sur Facebook.