Le premier ministre du Québec Philippe Couillard

L'obstination évidente des libéraux

Ce qui me saute aux yeux, c'est l'obstination des ministres libéraux.
La ministre Weil, malgré les critiques objectives des partis politiques d'opposition et de nombreuses associations, semble s'entêter à garder sa méthode d'enquête à huis clos sur ce que les libéraux osent appeler la discrimination systémique à sens unique. Elle défend l'odieux bec et ongles. Obstination.
Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx - qui, lorsqu'il était député de la CAQ, avait une position tout à fait différente - s'est confronté à la demande d'experts et de nombreux organismes tels que la Fédération des femmes du Québec, le Mouvement laïque Québécois, des associations de parents, l'Association des humanistes, Pour les droits des femmes (PDFQ), un groupe important de signataires d'une pétition.
Telle pétition avait reçu l'appui de Jean-Francois Lisée et des leaders du Parti québécois. Même des députés de la CAQ et plusieurs autres spécialistes du monde de l'éducation avaient soutenu l'enlèvement, non pas du cours ECR (Éthique et culture religieuse) dans les écoles, mais d'enlever le volet religion.
En effet, ce volet a été jugé, selon tous ces intervenants, comme étant nuisible pour un mieux-vivre-ensemble. Monsieur Proulx s'obstine à garder ce volet du cours refusant de l'enlever pour n'y apporter que quelques corrections qui ne règleront certes pas le problème soulevé par les intervenants. Obstination.
Et que dire du ministre Gaétan Barrette qui, depuis le tout début de son mandat au ministère de la Santé, est inattaquable, stoïque, et semble même défier ses collègues médecins, avec un sourire sournois. Tout laisse croire que son organisation de super hôpitaux à la sauce tayloriste apporte insatisfaction chez les patients, les employés et les administrateurs. Obstination.
Et le grand chef, Monsieur Couillard, dans tout cela? Sa façon de se défendre c'est de traiter les chefs politiques d'opposition comme des imbéciles venant d'un autre siècle! Il ne voit pas tous les scandales créés sous sa gouverne et que lui-même est, en ce qui regarde les religions, d'un autre siècle! Les économistes disent que les Québécois sont de plus en plus pauvres. Et ce M. Couillard ose dire sans sourciller que progressisme et économie vont de pair. Obstination.
Chaque fois qu'il veut s'obstiner dans sa vision et les décisions prises par lui, il attaque ses opposants par des impératifs insultants. Lui aussi fait preuve d'obstination. Entre autres, c'est l'évidence même dans le dossier de l'intégration des immigrants. Obstination.
Si je regarde plus haut, dans le reste du Canada, Justin Trudeau s'obstine tout autant dans les dossiers de la légalisation du pot, dans la manière et les méthodes utilisées pour intégrer les nouveaux arrivants, surtout les illégaux, et l'affaire du pétrole. Obstination.
Aux élections prochaines, Monsieur Couillard se défendra en disant que, pour lui, c'est l'économie sa priorité et qu'il a amélioré l'économie. Or, rappelons-nous que bien d'autres hommes ou partis peuvent aussi bien faire et peut-être même mieux que M. Couillard dans l'amélioration du système économique. Par ailleurs, il existe bien d'autres dossiers aussi importants pour une société d'avenir vivant dans l'harmonie. Et jusqu'ici, le Parti québécois et le CAQ s'en soucient, alors que le Parti libéral s'obstine à l'ignorer. Aux élections, souvenons-nous!
Certes, je l'avoue, au Canada, il y a sûrement aussi des députés libéraux obstinés pour de bonnes causes. Tel fut le cas de mon grand-père, François Richard, député, dont on attribua historiquement l'entrée de la langue française à l'École normale de Fredericton, au Nouveau Brunswick.
Et mon père, André F. Richard, député-ministre, qui a souvent été considéré comme étant le bras droit de Louis Robichaud, s'est battu pour l'égalité de tous. D'ailleurs, la province du Nouveau-Brunswick est la seule province à être reconnue officiellement bilingue.
Quant à moi, je suis octogénaire et je m'obstinerai jusqu'à ma mort pour que les religions sortent des écoles. La disparition de l'enseignement religieux est un signe «des Lumières» qui est la véritable porte d'entrée pour une société qui ne recule pas dans l'archaïsme de ces religions qui divisent, mais qui avance dans une laïcité qui unit.
Andréa Richard, écrivaine
Trois-Rivières