Les démarches pour obtenir de l'aide sociale sont souvent difficiles et parfois même pénibles, dénonce l'auteure de cette lettre.

L'indiscrétion dans les demandes d'aide sociale 

Il y a quelque temps, j'ai commencé des démarches pour obtenir de l'aide de dernier recours ou, si vous préférez, de l'aide sociale. Ces démarches sont souvent difficiles et parfois même pénibles pour nous qui les faisons, et j'ai un bon exemple pour vous le démontrer.
Lors de ma demande, j'ai été mis en contact avec une dame qui avait des questions sur celle-ci. Elle a commencé à me poser des questions qui peuvent sembler banales, mais que j'ai trouvées intrusives. 
Dans un premier temps, elle m'a demandé si j'avais le câble chez moi. Lorsque je lui ai répondu que je ne l'avais pas, elle m'a dit: «Fais-moi pas croire que tu n'as pas la télé!». Lorsqu'on a regardé ma déclaration, elle m'a aussi dit qu'elle ne croyait pas le fait que je n'avais pas de nourriture à la maison. 
Ses questionnements peuvent n'avoir l'air de rien, mais il s'agit d'une intrusion dans ma vie privée que je n'ai pas du tout appréciée. 
Non, je n'ai pas le câble, même si j'ai une télévision. Est-ce que, parce que je demande de l'aide financière, cela veut automatiquement dire que j'écoute le câble toute la journée? 
Cette situation m'a mise en colère. Je ne comprends pas pourquoi ces détails sont importants pour ma demande d'aide. 
Je n'ai pas de revenu, donc je suis en situation de derniers recours. Je ne devrais pas avoir à expliquer chacune de mes dépenses. 
J'avoue même avoir pensé ne pas compléter ma demande parce que c'était trop compliqué. J'irais même jusqu'à dire que c'était humiliant. 
Sans le soutien de mon amie, j'aurais sûrement abandonné simplement à cause des déplacements supplémentaires que ça m'a causés. 
Quand obtenir de l'aide sociale est aussi difficile et que la démarche qu'on a à faire est humiliante, ça n'aide personne. 
En fait, ça ne fait que fragiliser encore plus les personnes les plus démunies. 
À mon avis, il est grandement temps que le gouvernement pense à changer sa façon de fonctionner
Lise Provencher
Champlain