Pour laisser place aux immenses plantations de palmiers à huile, de plus en plus d’hectares de forêts tropicales sont détruits chaque année.

L’huile de palme… sur une pente glissante

OPINION / L'auteure, Elizabeth Leblanc-Michaud, fait partie du Comité de Solidarité/Trois-Rivières.

L’huile de palme est l’huile végétale la plus consommée au monde. Son coût de production étant inférieur à celui de la plupart des autres huiles végétales, l’huile de palme est un produit très prisé par les industries agroalimentaire et cosmétique.

On la retrouve dans plus de la moitié des produits vendus au supermarché, incluant les barres de chocolat, les biscuits, les savons et les shampoings. Pour répondre à une demande toujours grandissante, le secteur de l’huile de palme s’est développé à un rythme effréné, ce qui a des conséquences catastrophiques sur l’environnement et les droits humains.

L’huile de palme en quelques chiffres

- On retrouve l’huile de palme et ses dérivés dans environ 50 % des produits vendus au supermarché.

- En 2015 seulement, la consommation mondiale d’huile de palme s’élevait à 61 millions de tonnes, ce qui en fait l’huile la plus consommée au monde.

- Avec 35 millions de tonnes par an, l’Indonésie représente 45 % de l’huile de palme produite dans le monde.

- 43 % du commerce mondial de l’huile de palme est contrôlé par l’entreprise agroalimentaire singapourienne Wilmar.

- À ce jour, 24 millions d’hectares de forêts tropicales ont été détruits par l’industrie de l’huile de palme, soit environ 7 fois la superficie de la région de la Mauricie.

- En Indonésie, la déforestation a entraîné la destruction de 69 % de l’habitat des éléphants de Sumatra en une génération.

- En 20 ans, la population d’orangs-outans de l’Indonésie a diminué de 50 %.

Les effets sur l’environnement

Pour laisser place aux immenses plantations de palmiers à huile, de plus en plus d’hectares de forêts tropicales sont détruits chaque année. Le recours des producteurs d’huile de palme à la déforestation massive et aux brûlis menace gravement non seulement les nombreuses espèces animales et végétales des territoires concernés, mais également les populations locales.

L’accord du sommet de Cancún

En 2010, à l’occasion du Sommet de Cancún au Mexique, de nombreux pays ainsi que plusieurs grandes entreprises agroalimentaires et cosmétiques se sont engagés à lutter contre la déforestation causée par la production d’huile de palme. Or, dans un rapport publié en septembre, Greenpeace a démontré que les grandes marques continuent à s’approvisionner auprès de producteurs et de distributeurs ne respectant pas l’accord international signé une dizaine d’années plus tôt au Mexique.

Wilmar et la violation des droits humains

Avec 43 % des parts du marché, l’entreprise agroalimentaire singapourienne Wilmar est le plus grand fournisseur d’huile de Palme au monde.

Or, dans un rapport déposé en 2016, Amnistie internationale révélaient que les ouvriers employés sur les plantations de palmier à l’huile appartenant notamment à Wilmar étaient victimes de graves violations des droits humains comme le travail forcé et l’exposition aux produits chimiques.

Il a également été démontré que comme plusieurs autres entreprises, Wilmar n’hésite pas à tirer profit du travail d’enfants âgés d’à peine huit ans.

Selon l’enquête menée par Amnistie internationale, de nombreuses femmes subiraient également travail forcé, salaires au rabais et discrimination.

Pour en savoir plus: www.cs3r.org