Marie Malavoy a été députée et ministre dans différents gouvernements du Parti québécois. Ces temps-ci, elle pilote un comité d'anciennes parlementaires qui réclame une loi pour favoriser l'atteinte de la parité homme-femme en politique.

Lettre ouverte au groupe des anciennes parlementaires de Marie Malavoy

Lasses d'attendre le grand soir, d'anciennes parlementaires ont décidé de se regrouper pour réclamer l'adoption d'une loi contraignante visant à donner enfin aux femmes la place qui leur revient à l'Assemblée nationale.
Pour certains, la politique clignote dans leurs yeux comme les machines à boules du casino; c'est la pension à vie après deux termes, la proximité avec les milieux d'affaires qui assure un deuxième tremplin après la pension, démission ou défaite. Les exemples de la sorte ne manquent pas chez les ex-politiciens. 
Un tel poste, ça ne se gagne pas avec des nouvelles lois. D'ailleurs, la population du Québec en a soupé de la foule des nouvelles lois opportunistes; des lois qui favorisent toujours la classe qui «se plaint la bouche pleine».
Des lois comme la loi créant la fonction officielle de démarcheur - une fonction abjecte qui commençait à gêner les parlementaires, ils décident donc de la légaliser -, faisant en sorte, qu'en cas de malversation, nos politiciens peuvent ainsi dire la fameuse phrase: «Tout a été fait selon les règles de l'art»; c'est crosseur, mais c'est légal. C'est la même chose avec toutes ces lois qui permettent aux parlementaires, aux administrateurs de Régies, aux chefs de police, aux attachés politiques de se remplir les poches avant de partir. Des lois qui ne sont connues que des bénéficiaires de tels avantages; des lois faites sur mesure. Tout est ultra secret. L'opposition ne conteste pas trop, car c'est elle qui en profitera la prochaine fois. Le public apprend la chose seulement lors d'un congédiement «Tout a été fait selon les règles de l'art», répliquent-ils.
Ce groupe des anciennes parlementaires, qui ont les mains pleines de beurre, pourrait choisir un autre combat: passer des lois pour la population dans le besoin. Elles devraient regarder un peu plus loin que leur parterre et verraient qu'il y a une foule de femmes dans la misère, des familles monoparentales, des femmes qui sont au seuil de la pauvreté, des enfants qui partent pour l'école le ventre creux, des familles qui peinent à joindre les deux bouts avec leur revenu d'aide sociale, des gens qui seront de plus en plus nombreux à perdre leur emploi et la robotisation de l'industrie. Des fonds sont prévus pour moderniser les industries, mais, pour les travailleurs, on fera un comité d'étude. 
Pourtant, vers 1950, Réal Caouette parlait déjà du revenu garanti. Tous les partis politiques se moquaient de lui, principalement, monsieur Chrétien avec «sa machine à piastre et la piastre à 60 cennes».
En septembre dernier, les ministres François Blais et Carlos Leitão ont mis sur pied un comité d'experts chargé de leur faire des recommandations sur l'instauration d'un revenu minimum garanti; toujours pas de nouvelle de ce comité. Le gouvernement attend d'en faire une autre promesse électorale qu'il ne tiendra pas, un peu comme le nouveau mode électoral promis par Trudeau. «Ah, il n'y a pas de consensus dans la population», nous dit-on. Ses autoportraits d'avant les élections étaient trop embrouillés. Ce n'est pas parce qu'ils ne te lancent pas de roche que les gens ne sont pas frustrés et qu'ils vont oublier.
Une attente de 65 ans, ne croyez-vous pas que c'est un dossier qui a assez attendu ? Malheureusement, c'est un projet qui ne touche pas les petits projets mesquins des députés; on aime mieux appuyer des projets susceptibles d'avoir des retombées sur eux et leurs petits amis.
Ces politiciens qui sont au parlement depuis nombre d'années semblent avoir oublié qu'ils ont été élus pour servir la population et non pas pour se servir. Malheureusement, lorsqu'on a sorti la religion de la politique, la conscience et l'honnêteté n'ont pas survécu longtemps. 
Gaétan Yelle
Trois-Rivières