Selon l’auteur de cette lettre, il n’y a qu’une seule véritable recette à l’échelle planétaire pour préserver la vie sur la planète: casser le système économique actuel en consommant local, en cessant de voyager et, surtout, en cessant de se reproduire par cycles de quelques années.

L’espèce humaine pourra-t-elle vaincre sa propre nature afin de préserver la vie sur la planète?

OPINION / Parmi les quelque six espèces d’hominidés ayant existé, seul l’homo sapiens a survécu. Pourquoi cette espèce a-t-elle réussi à prendre une telle expansion, au point de menacer la vie sur la planète? Ce succès métastatique est attribuable à son développement cognitif.

L’homo sapiens à la capacité de créer des réalités imaginaires pour fonctionner en société. Système économique, lois et religions représentent les plus importantes de ces créations. L’économie répond à un besoin d’échange de biens et de services, les lois permettent d’encadrer le fonctionnement social et les religions apaisent les angoisses que provoque la conscience d’être mortel. Les diverses formes de ces trois réalités imaginaires ont créé une diversité de cultures ne cessant d’évoluer par leurs interactions. Seule la religion est fondée sur une réalité imaginaire totalement mensongère. Einstein considérait toutes les religions comme des mythologies primitives.

Parmi les quelque six espèces d’hominidés ayant existé, seul l’homo sapiens a survécu. Pourquoi cette espèce a-t-elle réussi à prendre une telle expansion, au point de menacer la vie sur la planète? Ce succès métastatique est attribuable à son développement cognitif. L’homo sapiens à la capacité de créer des réalités imaginaires pour fonctionner en société. Système économique, lois et religions représentent les plus importantes de ces créations. L’économie répond à un besoin d’échange de biens et de services, les lois permettent d’encadrer le fonctionnement social et les religions apaisent les angoisses que provoque la conscience d’être mortel. Les diverses formes de ces trois réalités imaginaires ont créé une diversité de cultures ne cessant d’évoluer par leurs interactions. Seule la religion est fondée sur une réalité imaginaire totalement mensongère. Einstein considérait toutes les religions comme des mythologies primitives.

Un petit enfant, fils de Dieu, qui naît dans un étable entre un âne et un bœuf, d’une mère qui est demeurée vierge et fécondée par un archange, sans oublier les trois rois mages qui suivent une étrange étoile afin d’apporter des présents, cela compose une très belle histoire. Cependant, quiconque prenant ce mythe pour une réalité devrait faire évaluer son âge mental.

Le système économique demeure la réalité imaginaire dominante. Il exploite même la conscience émergente de l’évidence que l’humanité détruit sa planète à une vitesse exponentielle. Comme exemple: la voiture électrique. Dans le cycle de vie d’une voiture à essence, 30 % de ses émissions de gaz à effet de serre proviennent de sa fabrication. Pour une voiture électrique, sa production représente 60 % des GES d’une voiture à essence. Donc, le cycle de vie de deux voitures électriques produira plus de GES que celui d’une voiture à essence. Le parc automobile ne cesse de croître. La voiture électrique ne demeure qu’un produit de consommation qui ne fait que ralentir l’augmentation des GES, tout en créant d’autres problèmes environnementaux.

Chaque kilomètre parcouru par un passager en avion produit autant de GES que la même distance parcourue avec une petite voiture à essence. Un couple de Québécois faisant un voyage en Australie produira autant de GES qu’en parcourant ensemble 80 000 km avec leur voiture. Le nombre annuel de passagers des vols aériens est passé de 3 milliards $ à plus de 4 milliards $ en quelques années seulement.

Le froid et les grandes distances à parcourir font des Canadiens les plus grands émetteurs de GES par habitant; environ 20 tonnes métriques annuellement. Un Indien en produit moins de 2 tonnes. Mais avec une population de 1,3 milliard d’individus, l’Inde produit plus de 700 tonnes métriques de GES par km2 alors que le Canada en produit moins de 80.

Évidence: plus il y a d’individus plus l’impact environnemental est négatif. Une québécoise célibataire pourrait faire plusieurs voyages en avion chaque année et rouler en 4x4, son empreinte écologique globale sera bien inférieure à celle de son amie ayant donné naissance à un adorable poupon qui contribuera à la croissance économique.

La disparition des ressources et des espèces est une catastrophe qui se combine au réchauffement climatique. L’humanité a exploité les ressources annuelles de la planète en sept mois cette année. Elle exploite donc le capital planétaire sur une période de cinq mois. Ce capital ne cessant de diminuer, les ressources disponibles s’épuisent donc inexorablement.

Il n’y a qu’une seule véritable recette à l’échelle planétaire pour préserver la vie sur la planète: casser le système économique actuel en consommant local, en cessant de voyager et, surtout, en cessant de se reproduire par cycles de quelques années. Mais cela va carrément à l’encontre des mythes économiques et religieux, sans compter les pulsions biologiques et égocentriques de la reproduction.

Un cancer est une cellule qui vit pour elle-même. Si le système immunitaire ne la détruit pas, elle se reproduira et se répandra jusqu’à tuer son organisme hôte. Pour la planète, l’espèce humaine est carrément un cancer de stade 4. Cela va vite, très vite, trop vite. J’ai 60 ans et j’étais un militant écologiste il y a trente ans, espérant que le monde agisse à temps avant de franchir le point de bascule. Mais j’ai vite compris que l’on ne peut pas changer la nature humaine et le point de bascule est franchi depuis une bonne vingtaine d’années. J’avais espoir de ne pas vivre «l’enfer de Dante» avant la fin de mon propre cycle de vie. Maintenant, je suis moins optimiste. J’angoisse face aux inévitables souffrances que les enfants connaîtront et que certains connaissent déjà (exemple : la souffrance des enfants Syriens a comme point de départ une crise de l’eau; et que dire de ceux de la Barbade, à la suite de l’ouragan Dorian?)

C’est inévitable que les jeunes les plus allumés connaissent l’angoisse écologique. Mais, seront-ils en mesure de vaincre leur propre nature humaine pour sauver la vie sur la planète et, en l’occurrence, eux-mêmes?

Denis Frappier

Saint-Justin