Le président du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298-FTQ, Rosaire Hamelin.

Les syndicats: des organisations abusives

Il fut un temps où les travailleurs ont senti, et ceci de raison très justifiable, le besoin de se regrouper pour affronter des employeurs abusifs. Nul ne peut contester ce droit. Cependant, au fil des années non seulement les syndicats ont changé leurs idéaux de base mais sont devenus eux-mêmes des organisations abusives.
Ils sont en fait devenus de grosses «business».
Deux exemples récents. Un centre correctionnel à Sherbrooke, où le syndicat rend responsable l'employeur des actes de harcèlement sexuel commis par ses propres membres en invoquant le fait que l'employeur n'a pas su élaborer un climat de travail qui empêcherait ce genre de comportement. D'aucune façon le syndicat reconnaît de responsabilité à ses membres. On voudrait que l'employeur établisse un climat qui empêcherait la bêtise humaine.
Dans le second cas, ici-même au centre d'hébergement Cooke, on se plaint des nouvelles mesures qui pourraient éventuellement éviter des accidents, sous prétexte que les heures de travail des syndiqués seront chamboulées, comme les heures de pause par exemple.
Encore ici, d'aucune façon le syndicat ne se préoccupe du problème comme tel mais bien en priorité du confort de ses membres.
Pourquoi une heure de pause devrait être immuable? Il ne faut pas se raconter d'histoires: tout ce que les syndicats recherchent par ces interventions est d'augmenter la base de travailleurs donc souscripteurs à leurs caisses, ce qui ressemble beaucoup à toutes ces compagnies qui veulent augmenter leurs productions pour augmenter leurs marges de profits.
Nous sommes très loin de ces louables principes qui ont provoqué la naissance des syndicats partout dans le monde.
Oui la commission Charbonneau a mis en lumière les manigances douteuses de plusieurs compagnies au Québec, mais il ne faudrait pas oublier que plusieurs syndicats ont été mis sur la sellette pour leurs tactiques douteuses aussi.
Jacques A. Dion
Trois-Rivières