Stéphan Frappier
Le coup de cœur de la semaine revient à des étudiants de cinquième secondaire de Keranna qui ont lancé une pétition (qui avait amassé plus de 12 000 signatures vendredi) pour avoir la permission de se réunir une dernière fois avant de tourner la page sur cette importante étape de leur vie. Cette ultime année du secondaire est un moment capital pour ces jeunes et il est tout à fait justifié de vouloir profiter d’une petite journée pour dire au revoir aux amis des cinq dernières années et pour remercier les professeurs qui ont été marquants dans cette séquence tellement déterminante avant l’âge adulte. L’appel des étudiants de Keranna a été finalement entendu puisque le Regroupement des établissements d’enseignement privé de la région tiendra des activités spéciales pour ses finissants le week-end des 19, 20 et 21 juin. Et, n’ayez crainte, ces ultimes retrouvailles se dérouleront en respectant les mesures de distanciation.
Le coup de cœur de la semaine revient à des étudiants de cinquième secondaire de Keranna qui ont lancé une pétition (qui avait amassé plus de 12 000 signatures vendredi) pour avoir la permission de se réunir une dernière fois avant de tourner la page sur cette importante étape de leur vie. Cette ultime année du secondaire est un moment capital pour ces jeunes et il est tout à fait justifié de vouloir profiter d’une petite journée pour dire au revoir aux amis des cinq dernières années et pour remercier les professeurs qui ont été marquants dans cette séquence tellement déterminante avant l’âge adulte. L’appel des étudiants de Keranna a été finalement entendu puisque le Regroupement des établissements d’enseignement privé de la région tiendra des activités spéciales pour ses finissants le week-end des 19, 20 et 21 juin. Et, n’ayez crainte, ces ultimes retrouvailles se dérouleront en respectant les mesures de distanciation.

Les risques de l’inconnu

CHRONIQUE / Il y a beaucoup de commentaires désobligeants sur les réseaux sociaux. Ça peut même être assez violent en cette période incertaine de pandémie. Mais, parfois, on y croise aussi d’intéressantes réflexions. Comme celle partagée cette semaine par Éric Labranche, un ami d’une amie. On y lisait en substance que tout le monde peut légitimement avoir ses raisons d’adhérer ou pas au plan de déconfinement proposé par François Legault. Que les justifications peuvent être économiques, psychologiques ou carrément personnelles. Mais que l’important, en bout de ligne, était de les assumer, de les respecter et d’éviter de rejeter agressivement notre angoisse sur les autres si on est un peu dépassé par les événements.

Le problème, actuellement, c’est que personne n’est sûr de rien. En fait, le monde combat un ennemi qu’il ne connaît pas vraiment. C’est comme avancer sur un champ de bataille sans savoir ce que nous réserve chaque pas que l’on fait. Même le gouvernement, pourtant conseillé par une armée de spécialistes, doit prendre des risques pour remettre la machine en marche et c’est ce qu’il a fait cette semaine en présentant son plan de relance. «J’espère que pas trop de gens vont mourir», a d’ailleurs mis en garde le bon docteur Arruda, mardi.

Comme vous le voyez, c’est loin d’être parfait. Ce déconfinement provoquera-t-il une augmentation des cas et des décès? Aurait-il été préférable d’attendre en septembre pour mieux connaître le virus et pour voir aller l’évolution de la pandémie? Combien d’enseignants seront infectés? Combien en mourront? Des enfants seront-ils gravement infectés? François Legault défie l’inconnu et le prix politique à payer sera élevé s’il se trompe.

Normal, dans les circonstances, qu’il y ait un peu de tension dans l’air. En même temps, le gouvernement joue tellement gros avec ce redémarrage controversé qu’il serait surprenant qu’il soit mis en place de façon hasardeuse et irréfléchie. Mais tout va vite. Trop vite même. Devant autant d’incertitude et de changements de direction, il est tout à fait compréhensible de voir les commentaires se polariser et les esprits s’échauffer. De voir des gens à bout de nerfs. L’humain étant ce qu’il est, il a besoin d’exprimer son manque d’équilibre.

Il faudrait cependant se calmer. La pire chose à faire, actuellement, c’est de paniquer. Les Québécois ont bien fait leurs devoirs jusqu’à maintenant en respectant les consignes et il est primordial de continuer pour éviter une surcharge du milieu hospitalier. C’est là-dessus qu’il faut se concentrer. Ne l’oublions jamais: la réussite collective passe avant tout par une responsabilisation individuelle et le respect des autres. Merci de nous l’avoir rappelé, M. Labranche.


« «Il faut toujours agir comme si la personne devant nous avait le virus» »
François Legault, qui a martelé cette semaine l’importance de maintenir les mesures de distanciation alors que son gouvernement annonçait une réouverture graduelle des écoles et du monde de l’économie.

Des enseignants au front!

N’en reste pas moins que c’est au front que seront envoyés les enseignants du Québec à partir du 11 mai. Évidemment, le gouvernement se serait épargné quelques rebuffades s’il les avait davantage impliqués dans le processus de relance. Mais, encore une fois, il n’y a rien de parfait en ces temps de crise et ce retour à l’école aurait sûrement été tout aussi stressant et imparfait s’il avait eu lieu en septembre alors que la perspective d’une deuxième vague sera omniprésente.

L’important, pour l’heure, est de bien les accompagner dans ce processus, d’écouter leurs appréhensions, de ne pas hésiter à reculer si ça ne fonctionne pas et, surtout, de bien les équiper face aux défis qui s’en viennent. Parce que la tâche qui se dresse devant eux ne sera pas simple. Ils devront faire fi de la peur et trouver le moyen d’aider les élèves en difficulté avec un masque sur la bouche, tout cela en maintenant les enfants à deux mètres de distance dans des espaces restreints et en essayant de ne pas rapporter le virus à la maison. Bonne chance.

Un rare faux pas

Le gouvernement Legault n’a pas fait beaucoup de faux pas depuis le début de la crise, mais il en a fait un gros cette semaine. Tout le monde a été surpris de constater qu’il avait soudainement éludé de son discours le concept d’immunité collective en annonçant officiellement le retour en classe des élèves du primaire. Pourtant, quatre jours plus tôt, ce concept était son principal argument pour justifier la reprise des activités éducatives. Il faut dire que de nombreux spécialistes avaient par la suite mis en doute cette notion, si bien que le gouvernement a dû réajuster son argumentaire. Celui-ci n’est pas pour autant illégitime; on ne peut pas être contre la santé mentale, physique et économique des Québécois. Il est de plus en plus évident qu’un confinement à long terme comporte aussi d’énormes risques.

Or, ça fait un peu boiteux de jouer ainsi au yo-yo avec les raisons qui justifient une décision aussi importante et il ne faudrait pas se surprendre que ce faux pas revienne hanter le gouvernement Legault si cette relance des activités tourne au vinaigre. Certains adversaires ne se gêneront sûrement pas pour avancer que ces arguments «interchangeables» cachaient le réel objectif du gouvernement: celui de relancer l’économie.