Les résidences privées des régions vont-elles survivre?

Depuis quelques mois, les centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) publient dans les hebdomadaires régionaux des encarts afin de recruter des personnes pour combler les postes vacants de préposés aux bénéficiaires à l'intérieur de leurs centres hébergement de soins longue durée (CHSLD) et leurs hôpitaux.
Comme les écoles professionnelles sont désertées, la seule place où trouver du personnel d'expérience est sans contredit les résidences privées.
Depuis la mise sur pied d'un programme de certification; les propriétaires se conforment aux exigences du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et offrent une formation continue à leur personnel.
Dans cette campagne de recrutement, on peut y lire: «Vous avez de l'expérience comme préposé aux bénéficiaires, venez faire reconnaître vos compétences. Un poste assuré à la fin du processus. Les salaires, les conditions de travail, les avantages sociaux selon les politiques du MSSS» (page Facebook du CIUSSS-MCQ du 27 juin 2017).
Combien de résidences privées vont perdre du personnel, attiré par ces offres alléchantes? Attention... ce sont des postes affichés TPO (temps partiel occasionnel).
Autre situation où les résidences privées sont sollicitées. En région, les places en RI (Ressources intermédiaires) et les CHSLD sont dispersées sur le territoire et en nombre insuffisant. Les travailleurs sociaux chargés d'offrir à ces aînés laissés pour compte, un endroit sécuritaire et aimant, se tournent vers les résidences privées. Les propriétaires aménagent un secteur conforme aux exigences du MSSS, forment du personnel, et ce, toujours sans subvention.
Ces mêmes professionnels pigent dans la liste des résidents à mobilités réduites des résidences privées pour combler les places libérées par décès dans leurs établissements. La situation médicale de ces personnes n'a pas changé depuis leur arrivée et pourtant elles sont transférées dans un délai très court. La place vide se retrouve au privé.
Je milite dans ce secteur depuis plusieurs années sous différents chapeaux. La centralisation bien amorcée par le gouvernement contribue à briser notre système de santé. Chaque jour, dans divers secteurs de la santé, ce gouvernement a recours au privé pour combler ses vides. Les résidences privées contribuent à maintenir les aînés dans leur milieu et emploient des milliers de travailleurs. Vont-elles survivre au traitement cavalier des CIUSSS, principalement en région?
Jocelyne Rioux
Saint-Pierre-les-Becquets