Nathalie Normandeau

Les politiciens ont tort

Les quatre partis politiques du Québec se sont concertés pour boycotter l'émission radiophonique de Nathalie Normandeau.
Bien sûr, ils ont parfaitement le droit de ne pas lui accorder d'entrevue. Mais lorsque leur décision est fondée sur le fait qu'elle est accusée devant les tribunaux, ils font la preuve que leur innocence n'est pas présumée. En fait, ils ne respectent ni la Charte canadienne ni la Charte québécoise.
L'article 11 de la Charte canadienne énonce ce qui suit: «Tout inculpé a le droit d'être présumé innocent tant qu'il n'est pas déclaré coupable, conformément à la loi, par un tribunal indépendant et impartial à l'issue d'un procès public et équitable.»
L'article 33 de la Charte québécoise prévoit que «Tout accusé est présumé innocent jusqu'à ce que la preuve de sa culpabilité ait été établie suivant la loi».
Nathalie Normandeau, que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam, est présentement non coupable des infractions reprochées. Mettez-vous ça dans la tête, illustres politiciens. Votre comportement est non seulement illégal mais également «cheap» comme dirait Victor Hugo.
Si vous ne voulez pas lui parler de politique, parlez-lui de l'importance de la soupe aux pois dans la culture canadienne française ou encore, du rôle du poil de chameau dans la composition du macadam.
Les députés fédéraux ont un sens de la démocratie bien supérieur à celui de leurs homologues québécois. Eux, ils accepteraient de donner une entrevue à madame Normandeau «parce qu'elle est présumée innocente» disent-ils. Quel contraste.
Les parlementaires québécois font oeuvre de bravoure mais uniquement lorsqu'il n'y a pas de danger. C'est à cause de gens comme eux que le mot lâcheté a été inventé.
Sachez, mesdames et messieurs les députés du Québec que le concept de la présomption d'innocence est presque absolu hormis le cas ou un accusé de vol par exemple, ferait un aveu extrajudiciaire admissible en preuve.
Serge Gagnon
Louiseville