Jody Wilson-Raybould

Les inconvénients de la ligne de parti

OPINIONS / La nouvelle saga politique amorcée par le refus de madame Jody Wilson-Raybould d’accorder une entente de réparation à SNC Lavalin est désormais appelée l’«affaire SNC Lavalin». Comme dans plusieurs sagas politiques, c’est le flou artistique entre le devoir démocratique d’un gouvernement de représenter tous ces citoyens et les enjeux électoraux pour le parti qui sont en cause.

Quelle que soit la vérité, ou quelles que soient les perceptions, ou qui a dit quoi, au final nous constatons que notre régime parlementaire a – et aura toujours dans sa forme actuelle – de la difficulté à naviguer dans ce flou car ce régime est avant tout un système basé sur des partis politiques et non pas la représentativité des citoyens.

Cela commence par la ligne de parti qui est la consigne absolue pour les députés d’un parti. Un député ne peut pas émettre un commentaire autre que la ligne de parti, même si son commentaire reflète celui de la grande majorité de ces citoyens. Une fois élu, son allégeance passe obligatoirement au parti. Si par bonheur ce député est admis au cabinet, il s’éloigne encore des citoyens car la nouvelle consigne est le secret complet de tout ce qui se dit en caucus.

Tout ce qu’il nous reste comme représentativité citoyenne est l’information, souvent incomplète, des médias, des groupes d’intérêts et assurément biaisée de nos politiciens.

S’il y a une chose de positive dans cette saga politique c’est qu’il y a de plus en plus de pression mise sur ce régime politique pour se libérer du carcan des partis politiques. Cela fait des décennies que nous dénonçons la partisanerie à outrance et le patinage artistique de haut niveau. Espérons que d’autres députés se lèvent pour mettre le citoyen, comme il se doit, au centre de vie politique.

Jacques Marchildon

Saint-Adelphe