Le lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice.

Les Forges, le Québec et le Canada

L'auteur, Robert Aubin, est député de Trois-Rivières à la Chambre des communes, porte-parole en matière de Développement international et de Francophonie et président du caucus québécois du Nouveau Parti démocratique.
Quarante millions de dollars auront été investis par le gouvernement Trudeau au Parc national de la Mauricie entre 2016 et 2020. On peut s'en réjouir: les vastes espaces, les lacs et le plein air ont la cote auprès des estivants québécois. 
Toutefois, quelque part, à une soixantaine de kilomètres au sud, le parc historique des Forges du Saint-Maurice est sous respirateur artificiel. 
Cet espace culturel, jalon important de l'histoire du Québec, n'est plus que l'ombre de lui-même avec ses herbes envahissantes, ses bâtiments qui manquent d'amour et son silence.
Depuis des années, plus personne n'explique la disposition des anciennes zones d'habitation ou les rôles sociaux dans cette Nouvelle-France préindustrielle. Quant à la magie entourant la légende de la fontaine du diable, comment peut-elle survivre sans la verve d'un conteur qui nous transporte en un autre temps et un autre lieu?
Nous fêtons, cette année, le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et toute contribution importante à cet édifice d'un Canada naissant doit être soulignée.
En 1867, les Forges du Saint-Maurice étaient encore en activité. Elles étaient sur leur déclin, mais des objets de fonte sortaient encore des fourneaux. En ce lieu naquit une communauté, puis une ville, puis nous voilà, fiers Trifluviens sortis d'un creuset en fusion.
En 1867, la forêt, au nord-ouest du Saint-Maurice, où se trouve le parc national de la Mauricie, n'était qu'une étendue de forêt mixte comme il y en avait de milliers d'hectares au Québec, sans plus. 
Aujourd'hui, elle est enrichie de millions tandis que, comme le souligne Martin Francoeur dans son éditorial du 6 juillet intitulé Une bonne nouvelle et une moins bonne, nous ne ramassons que des miettes à Trois-Rivières. 
Le gouvernement Trudeau investit 800 000 dollars aux Forges pour quoi, exactement? Une mise à jour des infrastructures vieillissantes: quelques tuyaux, des planches et de la peinture. 
Ce sous-financement est un camouflet à un pan de notre histoire économique régionale en même temps qu'un mauvais calcul touristique. 
Une pierre d'assise, telle que les Forges du Saint-Maurice, est un joyau du patrimoine québécois qu'Ottawa se doit de promouvoir.