Les chiens jappeurs, une plaie pour le voisinage.

Les chiens jappeurs: une plaie

Je me considère chanceux de demeurer dans un quartier où ma quiétude et celle de mes voisins ne sont pas empoisonnées par l'aboiement de représentants de la race canine. Et quand j'explore d'autres secteurs de ma ville en prenant ma marche, j'apprécie également la tranquillité qui s'en dégage.
Il m'est toutefois arrivé à quelques reprises qu'un maudit gros chien me surprenne en me lançant quelques wouf! retentissants. Je n'ai pas aimé ça. J'ai fait le saut et mes battements cardiaques se sont accélérés. 
Aussi, il m'arrive parfois d'entendre des chiens qui jappent pour tout et pour rien. À chaque fois, j'ai un élan de compassion et je me dis: «Pauvres voisins, ils ne doivent pas beaucoup apprécier les personnes qui demeurent ici!» Ou quand je vois deux ou trois maisons à vendre l'une près de l'autre, je pense: «Cette désertion est probablement due à un chien jappeur dans le voisinage.»
Il n'y a pas à y réfléchir longuement, ce ne sont pas ces animaux qui sont le problème. On a seulement tourné les coins très ronds dans la manière de les élever; car cela exige le maintien d'une discipline constante, ce qui n'est pas à la portée de tous les maîtres. Ou plutôt propriétaire, parce que «maître» est un bien grand mot dans les circonstances.
Lorsqu'une personne incommodée informe un propriétaire que son chien aboyeur outrepasse sa quiétude, il lui prête une oreille attentive la plupart du temps. Heureusement! Tous conviennent sensément que la liberté des uns prend fin là où celle des autres commence. Dit autrement, chacun est capable de se mettre à la place de l'autre, et la personne à la source du désagrément prend ses responsabilités en agissant en conséquence. Cela s'appelle du bon voisinage.
Et quand les demandeurs sont rendus à devoir se rendre jusqu'à la Municipalité ou à la police, c'est qu'on a affaire à des propriétaires insouciants, irresponsables ou incapables. Ou les trois. Et que se passe-t-il alors quand ces plaintes sont officiellement transmises aux autorités? La réponse est souvent «Quand on y va, on n'entend rien!» ou «Avez-vous des preuves?» Quoi! Faut-il sortir les enregistreuses? Ouf et reouf!
Je vous pose la question: «Où notre société est-elle rendue?» En sommes-nous rendus à ce que ce soit maintenant les gens incommodés qui sont devenus les méchants, et ceux qui indisposent les autres qui deviennent les bons? Voyons, réveillez-vous quelqu'un! 
J'ai une idée, je pense qu'on devrait faire une campagne de sociofinancement pour offrir gratuitement deux cours aux propriétaires de chiens jappeurs. Un pour qu'ils apprennent à élever leur chien à respecter les commandements de silence et un autre de bienveillance envers autrui. 
Ou plutôt non, faisons une collecte populaire pour combler les dépenses et les désagréments encourus par leurs voisins devant déménager parce que les gens d'à côté font partie de la secte dont le crédo est je-me-moi-mon-chien.
Sérieusement, chers propriétaires responsables de chiens jappeurs, je ne suis pas indifférent à la réalité d'un chien qui aboie parce qu'il joue, parce qu'il est malheureux, parce qu'il souffre ou parce qu'il manifeste impunément son autorité dans le voisinage et dans votre demeure.
Je comprends qu'il vous soit difficile de concéder que vous n'avez pas le contrôle de votre animal. Sachez aussi que pour chaque citoyen qui se plaint des aboiements de votre chien, soit de vive voix, par écrit ou par l'intermédiaire des autorités, il y en a au moins dix autres qui pensent la même chose. Oui, au moins dix autres contribuables écoeurés qui ruminent et qui jacassent votre totale indifférence dans votre dos. 
Denis Corriveau
Nicolet